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Du Loiret à la présidence de la FNSEA

Xavier Beulin est à la tête de la FNSEA depuis décembre 2010.

Xavier Beulin est à la tête de la FNSEA depuis décembre 2010.

(Photo D.R.)

29/01/2011
Originaire de Donnery, Xavier Beulin a été élu, à 52 ans, président de la FNSEA*, le 16 décembre dernier. Le nouveau chef de file de l’agriculture française - en charge de nombreuses autres responsabilités - se décrit comme un "passionné".
Vous qui êtes né à Donnery, pouvez-vous décrire vos liens avec le département du Loiret ?
"Ces liens sont très étroits. C’est là que j’ai grandi et que je vis : j’y ai mes racines. C’est aussi dans le Loiret que se trouve mon exploitation, au sein de laquelle j’ai succédé à mon père, lui-même agriculteur. Il est décédé brutalement et j’ai arrêté mes études pour reprendre la ferme avec ma mère. Il m’avait transmis sa passion pour ce métier et son attachement profond à la terre, à ses valeurs. Les débuts ont été difficiles... Aujourd’hui nous sommes quatre associés - mon frère et deux cousins - sur une exploitation en céréales, oléoprotéagineux et lait. Nous partageons les mêmes convictions : celle d’une agriculture ancrée pleinement dans son territoire qui conjugue performance économique et protection de l’environnement."

Que répondez-vous à ceux qui s'étonnent de vous voir chargé de très nombreuses responsabilités dans des institutions, syndicats professionnels, entreprises, etc.** et se demandent de ce fait si vous êtes bien toujours représentatif des agriculteurs français ?
"En dépit de toutes mes responsabilités, j’assume toujours ma part de travail sur l’exploitation. J’ai ce métier dans le sang ! Et je puise dans la réalité du terrain de très nombreuses pistes de réflexion qui me sont ensuite utiles dans l’exercice de mes différents mandats. Ce goût de l’engagement s’est affirmé grâce au syndicalisme qui est une véritable école de formation à la vie. J’ai eu la chance d’assumer très vite des responsabilités départementales, puis nationales au sein de la filière française des huiles et protéines végétales. Une filière initiée par Jean-Claude Sabin, agriculteur dans le Tarn : alors que l’agriculture était en pleine tourmente dans les années 80-90, elle a permis de valoriser au mieux les productions d’oléagineux (colza, tournesol) et de protéagineux (pois) en investissant dans les débouchés de façon à garantir un revenu aux producteurs***. Elle illustre bien ce que peuvent faire des producteurs français qui, plutôt que de baisser les bras, ont envie d’entreprendre ensemble."

A l’occasion du salon de l’agriculture, en février prochain, quelles orientations défendrez-vous pour vos pairs : celles de l'intégration des petits producteurs dans de grands groupes ou coopératives, celles de restructurations en profondeurs des exploitations françaises sur le modèle allemand... ?
"Je ne parlerai ni d’intégration ni de restructuration, mais plutôt d’organisation. L’enjeu, pour l’agriculture, est triple. D’abord, relever les défis de l’alimentation, de l’énergie, de la lutte contre le changement climatique, de l’environnement et de la cohésion économique, sociale et territoriale. Ensuite, regagner sa place de leader agricole au niveau européen et mondial et, ainsi, contribuer à la sortie de crise de l’économie française. L’agriculture et l’activité induite, c’est 15 % des emplois en France : c’est un des seuls secteurs dans lequel notre balance commerciale est bénéficiaire, un enjeu stratégique majeur pour notre pays. Enfin, sécuriser le revenu des producteurs, dans un contexte de forte volatilité des prix, et leur offrir des perspectives durables de développement. Pour cela, l’organisation des producteurs est incontournable. Plutôt que d’être de simples producteurs de matières premières soumis aux aléas du marché, ils doivent capter la valeur ajoutée résultant de la valorisation de leur production. C’est donc une troisième voie que je propose : à côté du modèle ultra-libéral qui méprise l’homme et de l’économie planifiée qui l’avilie, il faut des schémas d’organisation de filières qui permettent de réguler l’économie, d’adapter l’offre à la demande, de capter la valeur ajoutée et de la répartir justement et équitablement entre tous les acteurs. Ainsi nous redonnerons du sens à la politique agricole. Je pense qu’en agriculture comme ailleurs, on fait d’autant mieux son métier que l’on est reconnu positivement par nos concitoyens."
Propos recueillis par L.B.

* Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA)
** Xavier Beulin est notamment président du Conseil économique et social de la région Centre et président de Sofiprotéol, établissement financier et industriel de la filière des huiles et protéines végétales (5,5 milliards d’euros de Chiffres d'affaires), dont Lesieur est une filial.
*** Cette filière, forte de 6500 salariés, est présente dans la R&D, l’alimentation humaine ou animale, les biocarburants, la chimie verte.






Rédigé par Barthélemy Sanson

mise à jour le 10 février 2011



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