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Le bilan des opérations réalisées en 2011 et début 2012 par la MAP



Principales opérations menées par la mission archéologie préventive en 2011 et 2012

Les interventions archéologiques conduites par la mission Archéologie préventive du Département du Loiret sont intégrées dans les calendriers de réalisation des aménagements du Département ou menées pour des projets d’aménagements économiques de tiers sur le territoire du département. De natures variées : carte archéologique, diagnostics, fouilles préventives, sauvetages urgents, elles sont sources de connaissance du patrimoine archéologique du Loiret, des modes d’occupations du territoire et des interactions entre l’homme et son environnement naturel à toutes périodes.
Ces opérations sont menées en transversalité avec l’ensemble des services, missions, directions et pôles du Département impliqués par les dossiers d’aménagement : routes, bâtiments, éducation, culture, patrimoine et foncier, aménagement et économie… et en lien avec d’autres acteurs de l’archéologie préventive et de la recherche (service régional de l’Archéologie, Universités, Inrap, autres services archéologiques de collectivités, Fédération archéologique du Loiret).


Saran, Portes du Loiret sud

Après un diagnostic mené par l’Inrap en 2008 sur 68 ha de la zone d’activité des Portes du Loiret, et les prescriptions de l’État sur les sites les plus importants impactés par les travaux, le Département réalise depuis l’automne 2009 des fouilles archéologiques, dans le phasage des constructions des équipements du projet (Polycliniques, La Cigogne, voirie primaire …). En 2011, les interventions conduites par A. Laurent ont concerné deux projets adjacents ; une première zone de 1,8 ha débutée en 2010, préalable à la construction de la voirie primaire, une seconde de 6,2 ha, sur l’emplacement dévolu au centre d’hébergement des sportifs de haut niveau et à un hôtel. Cette fouille s’achèvera à l’automne 2012.

► Téléchargez le plan de l'opération [PDF - 1 Mo]

Les données archéologiques
Une voie relie Orléans à Chartres et structure le territoire à l’emplacement de la ZAC depuis le IIIe s. ou le IIe s. av. J.-C. Dans ce terroir déjà fortement occupé, sont implantées deux fermes gauloises, l’une au bord de la route, la seconde distante de 160 m de la première. Chacune est enclose par de profonds fossés et bordée de zones agricoles. Environ 1/3 de la première ferme, à l’emplacement de la voirie primaire de la ZAC a été fouillé à l’hivers 2010. La céramique et les restes d’animaux retrouvés principalement dans les fossés d’enclos, révèlent une gestion organisée des déchets ; ils sont rejetés préférentiellement à proximité des bâtiments de la ferme. La seconde ferme sera fouillée en 2012.
L’époque romaine n’est représentée que par quelques tessons ponctuels. Un établissement rural se situe cependant à quelques dizaines de mètres à l’ouest de l’emprise diagnostiquée et fouillée, tandis qu’un autre nœud d’occupation, peut-être une petite agglomération a été identifiée le long de la voie, en 1968 lors du creusement du lac de la Médecinerie.
Entre le VIe et le XIe s., un hameau se développe à l’ouest de la route sur près de 8,5 ha, dont 2,5 ha d’habitat dense. L’organisation de ce village du haut Moyen-Âge est structurée par la route, deux voiries secondaires perpendiculaires entre elles, et par un réseau de fossés parcellaires orienté selon l’axe de la route. Le long des rues, les parcelles sont loties par des bâtiments de terre et de bois (habitations et granges, greniers, une étable…) associés à des aires de stockage de grains (silos) et parfois des structures annexes pour l’artisanat comme le tissage (fonds de cabane) ou la poterie. Trois fours de potiers, l’un du VIIIe s, les deux autres du Xe-XIe s. ont été mis au jour. Leurs productions sans doute destinées à l’échelle locale font écho à un vaste pôle d’activité potière situé au niveau du lac de la Médecinerie à 500 mètres au nord, qui utilisait l’infrastructure routière pour commercialiser céramiques, briques, tuiles…
À l’arrière des parcelles bâties, d’autres sont vouées aux pratiques agricoles (culture, pacage et pâturage, extraction de marne pour l’amendement des champs…).
A partir du XIIe s. l’emplacement du hameau et du pôle d’activité potière de la Médecinerie deviennent des terres agricoles. Cependant, la confrontation des données archéologiques avec les cadastres napoléonien et actuel montre que le tissu parcellaire est fixé au moins depuis le haut Moyen-Âge.


Le château de Gien

Le diagnostic et le suivi archéologique des travaux du Château de Gien est mené par M. Bizri en même temps que les travaux de restauration et conservation du château-musée, musée international de la Chasse. Prescrit par l’État, ce diagnostic concerne autant le sous-sol que les élévations du château objets des travaux. Sa réalisation en accompagnement du chantier de travaux permet une meilleure prise en compte par les différents intervenants à la fois des ajustements qui interviennent normalement dans tous travaux sur un monument historique, et des acquisitions nouvelles de connaissances sur le bâtiment qu’apportent l’archéologie.

L’année 2011 concernait la phase 1 des travaux sur les espaces extérieurs et une partie des façades. Les objectifs du diagnostic sur les sous-sols archéologiques extérieurs sont d’identifier l’emprise du site castral médiéval antérieur aux logis pré-renaissance d’Anne de Beaujeu (c. 1484), de reconnaître l’état de conservation des espaces extérieur du château renaissance et moderne et l’impact des travaux sur l’ensemble de ces vestiges sous-jacents.
Les investigations menées en terrasse sud, qui donne sur la Loire, ont montré une mise en place tardive de celle-ci à la période moderne, au plus tôt au XVIe s. La réalisation de cette terrasse correspond probablement à un changement de physionomie du cours de la Loire et de la ville qui se développe alors davantage au pied du château de ce côté près du pont, avec l’éloignement de la berge du pied du château. Préalablement le château est édifié sur un talus naturel d’argile à silex qui domine la Loire et le pont et dont les pentes s’inclinent assez radicalement vers le fleuve (pente à environ 40%).

L’usage du château dans le courant du XIXe s. en tribunal-prison et préfecture, puis les dégâts causés par le bombardement de la Lutwaffe en 1940 et la mise en place par la suite de parterres engazonnés, ont altéré la conservation des aménagements médiévaux, renaissance et moderne de la cour nord tout au moins aux profondeurs impactées par les travaux. Ces aménagements, sont principalement conservés dans la partie ouest de la cour. Les activités de cette partie de la cour aux XIVe-XVe s. sont matérialisés par des remblais cailloutis et de déchets de tailles destinés à assainir les zones de passages et par des niveaux de sols extérieurs où sont présents des foyers.
Les sondages au chevet de l’église reconstruite après-guerre ont mis en évidence les fondations et une partie des élévations de l’ancienne collégiale en très bon état de conservation. Aucune inhumation associée n’a été observée dans les sondages. Des plantations d’arbres prévues par les travaux nécessiteront probablement une intervention archéologique plus importante et plus étendue sur ce secteur.
Les études menées à l’occasion de la restauration des façades de la tour « Jeanne d’Arc », en saillie des logis sur la façade sud, ont montré la multiplicité des réfections et modifications de cette tour, notamment en ce qui concerne les ouvertures et les niveaux de circulation. Les éléments les plus anciens s’échelonnent pour la période médiévale entre la fin du XIIIe s. et le XVe s. D’autres remaniements interviennent au XVIIIe s., marqués par l’aménagement des combles et l’étêtement du dernier étage. Les travaux d’entretien sont également très nombreux dans le courant du XXe s. avec le bouchage des impacts d’obus après-guerre et le remplacements de pierres usées.
Les interventions archéologiques en 2012 concernent principalement l’intérieur du château et des sondages sur la terrasse occidentale, faisant face à l’église. C’est ainsi qu’en avril, ont été mis au jour une double pièce excavée d’un état antérieur au château d’Anne de Beaujeu et réaménagées par la suite comme fosse d’aisance de latrines.


RD921 : déviation Jargeau/Saint-Denis-de-l’Hôtel – tranche 1

Le projet de franchissement de la Loire entre Jargeau et Saint-Denis de l’Hôtel
En préalable au projet de franchissement de la Loire entre Jargeau et Saint-Denis de l’Hôtel (RD 921), un diagnostic archéologique a été dirigé par L. de Souris, sur la partie sud du tracé envisagé pour la déviation. Ce diagnostic d’une superficie de 16,9 ha, réalisé avec la direction des Routes durant l’hiver 2010-2011 est situé intégralement dans le lit majeur du fleuve. Pour cette raison, il a été mené conjointement avec un géomorphologue, C. Castanet, auteur d’une thèse sur cette partie du val de Loire, et une étudiante de Master 1, issus de l’Université Paris 8. L’association de ces deux disciplines permet ainsi de confronter les données scientifiques, afin d’obtenir une meilleure connaissance de cette partie du Val d’Orléans et de comprendre les interactions hommes/milieu de manière diachronique. Il permet également une meilleure prise en compte de l’emplacement des paléo-chenaux et des anciennes montilles pour la future réalisation de la route.
Les recherches ont mis au jour une trentaine de sites et indices de sites, allant de la fosse « isolée » à la caractérisation d’un habitat rural. Quelques pièces de silex taillés du Mésolithique (–10 000 à –6 000 ans) ont été découvertes dans un ancien chenal. Pour le premier millénaire avant notre ère, entre l’âge du Bronze final et le début de la période romaine, 7 sites et indices d’occupation ont été mis au jour à l’emplacement d’anciennes montilles. Pour la période médiévale, a été mis en évidence un habitat de l’époque carolingienne, caractérisé en particulier par une série de fosses de stockage et des fours domestiques.


Interventions à l’emplacement des futurs collèges de Bazoche-les-Gallerandes, Château-Renard, Traînou

Trois opérations ont été menées par L. de Souris à l’emplacement des futurs collèges de Bazoches-les-Gallerandes, La gare (collège Louis Joseph Soulas), Château-Renard, La Volve (collège de la Vallée de l’Ouanne) et Traînou, La Giraudière (collège La Forêt). À Bazoches-les-Gallerandes et à Château-Renard, les diagnostics ont montré que les secteurs concernés par les projets d’aménagement conservent de faibles témoignages d’aménagement des périodes préindustrielles.
À Traînou, les nombreux vestiges découverts apportent de nouvelles connaissances sur ce secteur de la forêt d’Orléans, mal connu archéologiquement. Ils montrent que cet espace est déjà occupé à l’âge du Fer (fossé). Pour la période romaine, est mis au jour un petit ensemble funéraire des IIe-IIIe s. à rattacher à un habitat non localisé. Il s’agit de crémations déposées dans des vases entiers. Trois d’entre eux, prélevés sur le terrain ont été étudiés en laboratoire.
Une ferme médiévale est constituée de deux enclos distants d’environ 20 m. Le premier ceinture un habitat, l’autre une probable aire de pacage. Les restes céramiques retrouvés lors du diagnostic datent cette occupation entre le XIe au XIVe siècle. Elle est située à 700 m de l’église paroissiale et à proximité de l’ancien hameau La Giraudière.


Sauvetage urgent à Chilleurs-aux-Bois, rue de l’église

Cette opération de la Mission Archéologie préventive a été sollicitée par le Service régional de l’Archéologie suite à la découverte fortuite de sarcophages mérovingiens dans une tranchée de réseau. Durant de ce sauvetage urgent, deux sarcophages ont été fouillés, un troisième non touché par les travaux de terrassement a été laissé in situ. L’étude des défunts a montré un geste assez fréquent au haut Moyen Âge, l’inhumation de deux sujets simultanément ou à peu d’intervalle dans le temps dans la même cuve de sarcophage.


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mise à jour le 4 septembre 2015



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