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Le bilan des opérations réalisées en 2013 et 2014 par le SAP



Poupry, ZA inter-départementale, lieu-dit « Villeneuve », fouille 2012–2013


Photo aérienne du chantier de Poupry en cours de fouille, réalisée depuis un avion (Alain Lelong)
Pendant l’hiver 2012, une intervention archéologique a été menée par Aurélien Hamel sur une portion de la Zone d’Activité interdépartementale d’Artenay-Poupry. Ce site gallo-romain a été identifié par un diagnostic en 2003. Il s’agit d’une exploitation agro-pastorale qui présente trois phases d’occupation.
La première, datée de la seconde moitié du Ier siècle, est constituée d’un enclos d’1,5 hectare. Cet enclos est scindé en deux parties inégales par un chemin. Le tiers ouest est occupé par un habitat construit sur trous de poteau. Les deux tiers est sont vides de structures archéologiques et de ce fait interprétés comme une zone agro-pastorale.

Un second enclos est installé à la fin du Ier siècle ou au début du IIe siècle. Il se caractérise par un rétrécissement de l’espace du précédent état. Les fossés sud et ouest sont entretenus (curés) et conservés. Un nouveau fossé est creusés au nord mais la partie est n’est plus close. Pendant son premier état, les constructions sont principalement en matériaux périssables et à vocation résidentielle et domestique. Elles sont associées à des celliers semi-excavés.

Durant le deuxième état, à la fin du IIe siècle, une cave remplace ces celliers et une zone d’extraction de marne calcaire est installée. Après l’abandon de l’établissement rural gallo-romain, une troisième phase non datée se caractérise par un seul fossé parcellaire traversant la zone. Il est à noter que la difficulté majeure a été la mise au jour d’un grand nombre de trous de poteaux (122), rendant ardue l’interprétation des plans de bâtiments et leur phasage chronologique.


Château de Gien, musée international de la chasse, diagnostic et fouilles 2013/2014

En 2013 et 2014, plusieurs opérations ont été menées par Mélinda Bizri à divers emplacements du château. Avec un diagnostic et trois fouilles, le passé du site a peu à peu été révélé par petites touches en fonction des fenêtres d’observations disponibles, liées au projet d’aménagement.

Fouilles du Rez-de-Chaussée Bas

Photo du chantier du rez-de-chaussée bas du Château de Gien en cours de fouille (SAP).
Une partie du rez-de-chaussée bas du château a fait l’objet d’une fouille étendue réalisée de mars à avril 2013. Elle a mis au jour les premiers niveaux humainement occupés du promontoire sur lequel s’est ensuite construit le château.

Une zone d’habitation antérieure à la construction du château a ainsi été mise au jour : elle comprend un à deux bâtiments à ossature bois. La céramique indique une datation du Xe siècle.

Fouilles du Belvédère Ouest

Photo verticale du chantier du Belvédère Ouest en cours de fouille, prise depuis une tour du Château de Gien (SAP).
De la même façon, l’espace du Belvédère Ouest a aussi fait l’objet d’un d’une fouille effectuée entre juin et octobre 2013.

Les murs d’une aile de logis contemporain du château d’Anne de Beaujeu ont été trouvés. Sous cette aile a été mis au jour un autre bâtiment maçonné, plus ancien, de plan quadrangulaire avec des contreforts aux angles. Cet espace, très stratifié, a livré de nombreux niveaux d’occupation riches en faune ainsi qu’en mobilier céramique et datés du Xe au XIVe siècle. Les éléments encore en cours d’étude paraissent établir la présence d’un artisanat de forge durant l’une des phases d’occupation de ce bâtiment.

Fouilles Terrasse Sud

Vue d’ensemble de la fouille de la terrasse sud du Château de Gien vers le sud (SAP)
La fouille de la terrasse sud a révélé une partie d’une ancienne maison du XVe siècle. La zone n’a pas pu être entièrement dégagée car une chappe de béton armé avait été coulée au dessus d’une partie des vestiges, et ce, sans doute afin de conforter la solidité du mur de soutènement de la terrasse.

Diagnostic Terrasse Est

Photo verticale en plan de canalisations maçonnées découvertes sur la terrasse est du Château de Gien (SAP).
La terrasse est, quant à elle, a fait l’objet, en 2014, d’un diagnostic archéologique préalable à l’aménagement d’une haie d’ifs. Il a permis de dégager un contrefort du mur est du château, une citerne, un puits ainsi que des éléments de canalisation maçonnés. Il nous apporte de cette façon des informations sur l’évacuation de l’eau et son usage au sein du logis d’Anne de Beaujeu.

L’ensemble des opérations archéologiques effectuées au Château de Gien sont encore en cours d’étude. Cette période de post-fouille – traitement des données de terrain et du mobilier découverts – a pour première finalité le rendu d’un rapport scientifique obligatoire puis l’élaboration d’une publication.


Saran, « les Cent Arpents », diagnostic 2014


Photo d’une fosse découverte à Saran, fouillée à moitié (SAP).
Au printemps 2014, un diagnostic a été réalisé par Aurélien Hamel, dans le cadre d’un projet d’aménagement d’une zone de logement. Une occupation rurale de la fin du IIe siècle et du début du IIIe siècle a été mise au jour. Elle se compose de dix poteaux disposés en deux lignes parallèles, d’une fosse dépotoir et d’une fosse de stockage.


Gidy, ZAC Champ Rouge, diagnostic et fouille 2013/2014, tranche 3


Photo de la coupe transversale du puisard découvert sur le chantier de Gidy (SAP).
Le terrain destiné à la Zone d’Activité du Champ Rouge a été diagnostiqué en août-septembre 2013. Ce diagnostic, mené par Laure de Souris, a conduit à une prescription de fouille. Réalisée d’avril à juin 2014, cette opération a mis au jour une occupation rurale du Haut-Empire. Elle appartient à une zone où plusieurs ensembles agricoles synchrones ont été identifiés.

Cette ferme se compose de deux enclos fossoyés quadrangulaires de tailles différentes. Le plus grand possède une entrée et un fossé de partition interne : à l’intérieur de l’enclos se trouvent des structures éparses de type fosse, une structure semi-excavée de type cellier et de nombreux trous de poteaux composant au moins un bâtiment. Le plus petit enclos présente deux entrées et un fossé de partition interne. La répartition des éléments dans cet enclos est plus dense : nombreux trous de poteaux formant plusieurs constructions, une structure semi-excavée pour le stockage de denrées, des fosses diverses, une zone d’extraction et un puisard d’environ 2m de profondeur. L’interprétation de ces éléments est en cours.


Saran, ZAC Portes du Loiret, travail de post-fouille 2013/2014, diagnostic du secteur habitat, fouille de souterrains-refuges

Depuis 2009, cet espace fait l’objet de fouilles dans l’ordre des aménagements lancés par le Département. Plusieurs occupations ont été découvertes : deux occupations rurales protohistoriques, chacune ceinte dans un enclos fossoyé ainsi qu’un village médiéval (VIe – XIe siècle) avec un important artisanat potier et plusieurs souterrains.

Les fouilles d’une première partie de la ZAC de Saran se sont achevée à l’automne 2012, A l’automne 2014 ont été réalisé les fouilles des souterrains refuges situés sous les vestiges des habitations du haut Moyen-Âge ainsi que le diagnostic d’une partie du secteur de la ZAC dévolu à de l’habitat.

Le travail des archéologues ne s’arrête pas quand ces derniers quittent le terrain. Depuis bientôt deux ans, le traitement des informations récoltées sur le terrain est réalisée dans les bureaux du SAP.

Les tâches de cette étape qu’on appelle post-fouille sont très variées. La première consiste à laver, conditionner et inventorier le mobilier trouvé sur le site : céramique, faune, objets métalliques, terre cuite architecturale, ... Ces éléments sont ensuite étudiés par les spécialistes correspondant : céramologue, archéozoologue, spécialiste de l’instrumentum, ...


Photos du piochon découvert à l’entrée des souterrains de Saran Portes du Loiret : sur le terrain et après restauration.


Photos d’une cruche découverte sur le site de Saran et remontée en post-fouille : avant, pendant et après restauration.

Le responsable d’opération, Amélie Laurent dans le cas de Saran, dirige les études, elle compile les informations de terrain et de post-fouille. Il s’agit d’en extraire une datation des structures afin de créer une chronologie générale du site et une phasage de ses différentes occupations. Cette étape permet aussi de déterminer les fonctions de chaque structure, nous éclairant sur leur rôle au sein du site archéologique.

Vient alors la dernière étape, et non des moindres : la rédaction du rapport final d’opération. Ce dossier, obligatoire, doit regrouper tous les éléments découverts ainsi que toutes les déductions ou hypothèses que l’étude a fournies. Il est remis au Service Régional d’Archéologie et est examiné devant une commission scientifique qui analyse ses résultats et la qualité du travail scientifique.


Rédigé par

mise à jour le 4 septembre 2015



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