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Les Etats généraux d'Orléans de 1560

Les Etats généraux de 1560 ont réuni 127 députés pour le clergé, 107 pour la noblesse et 221 pour le tiers état.

Les Etats généraux de 1560 ont réuni 127 députés pour le clergé, 107 pour la noblesse et 221 pour le tiers état.

(ADL 25 Fi 3.3)

11/03/2011
En 1559, la mort d’Henri II ouvre une crise de l’autorité royale, prise entre catholiques et protestants. François II, qui succède à son père à l’âge de 15 ans, tente d’y remédier : il convoque en 1560 des États généraux qui n’ont plus été réunis depuis 1484.
Orléans plus "séditieuse" que Meaux.1560. François II convoque des États généraux pour décembre, à Meaux. Puis, pour mieux imposer son autorité, il décide finalement de les réunir à Orléans, ville réputée "la plus séditieuse". Le 18 octobre, il y fait une entrée solennelle avec la reine-mère, Catherine de Médicis, la cour et… quelque 4 000 soldats !

Logeant, place de l’Étape, à l’Hôtel du bailli Jérôme Groslot (un réformé), il fait peser une atmosphère de guerre sur la ville, où il convoque le roi de Navarre et Condé. Le 21 octobre, sitôt arrivé, Condé est arrêté oui condamné à mort, le 26 novembre, pour lèse-majesté. Mais François II meurt le 5 décembre. Lui succède son frère, Charles IX, un mineur âgé de 10 ans. S’interposant entre les Guises et les Bourbons, Catherine de Médicis libère Condé et devient "gouvernante" du royaume.

455 députés présents. Dans tout le royaume, l’élection des députés et la rédaction des cahiers de doléances ont donné la parole à un très grand nombre de sujets. Le 13 décembre, dans la grande salle charpentée bâtie exprès sur la place de l’Étape, sont réunis 127 députés pour le clergé, 107 pour la noblesse et 221 pour le tiers état. Le chancelier Michel de l’Hôpital prononce le discours d’ouverture. Il reste persuadé que la coexistence de deux confessions dans un même État est impossible : "C’est folie d’espérer paix entre les personnes de diverses confessions. Souvenons-nous de la maxime de nos pères : une foy, une loy, un roy [...]. Considérons que la dissolution de notre église a été cause de la naissance des hérésies et la réformation pourra être cause de les éteindre… Ôtons ces noms diaboliques : noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes. Ne changeons pas le nom de chrétien." Il espère restaurer l’unité religieuse par un concile.

Les trois ordres se séparent pour délibérer sur les voeux à présenter au roi. Le 1er janvier, en assemblée plénière, Jean Lange, avocat à Bordeaux parle en premier pour le tiers état. Il dénonce la tyrannie des nobles, les entraves qui gênent le commerce, l’ignorance, l’avarice et le luxe du clergé, dont il préconise la confiscation des biens pour parer au déficit de l’État, chiffré à 43 millions de livres contre seulement 12 millions de recettes. Puis Jacques de Silly, baron de Rochefort parle pour la noblesse et Jean Quintin, professeur de droit canon à l'université de Paris, pour le clergé. De Silly attaque la richesse du clergé, demande sa réforme et aussi le droit des nobles à avoir des temples. Quintin vilipende les "sectaires hérétiques" et exige leur condamnation à mort. Les trois ordres abordent toutes les questions du gouvernement du royaume, mais refusent tout impôt supplémentaire. Le 31 janvier, les États généraux sont clos et le 5 janvier, la Cour repart pour Fontainebleau.

Une ordonnance pour rien. De l’énorme travail des États généraux sort une ordonnance royale réformant en 150 articles l’organisation religieuse, judiciaire, financière, économique et sociale du royaume : obligation de résidence pour les prélats et les curés, interdiction aux astrologues de prédire l’avenir, entretien d’un précepteur dans les villes pour instruire les enfants, simplification des procédures civile et criminelle, exercice de la justice réservée à des hommes de loi, réduction des dépenses de l’État et amélioration de la perception des impôts, réglementation des métiers, etc. Sont arrêtées les poursuites pour faits de religion et libérés les détenus réformés qui promettent de vivre en bons catholiques… L’ordonnance d’Orléans est remarquable. Mais pas appliquée. Car, après l’échec du colloque de Poissy sur la réunification religieuse, en octobre 1561, la première guerre de religion bientôt éclate.

J-M. Flonneau




Rédigé par Barthélemy Sanson

mise à jour le 11 mars 2011



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