Abda Sall, un Quotidien rêvé !
Imaginez un gamin futé, fils d’immigrés sénégalais venus, dans les années 1970, renforcer les effectifs d’Hutchinson à Montargis, rêvant d’un autre horizon que celui dessiné par l’enceinte bétonnée de l’usine. Il s’évade, emprunte la caméra de sa maman. Et le petit passionné de documentaires filme, filme, filme.
À commencer par les rencontres de foot, au stade Maurice-Béraud, avec des interviews sur le terrain. Il passe des tirs en lucarne à la lucarne médiatique. Ici naissent les prémices d’une carrière. Celle d’Abda Sall, journaliste depuis 2019 pour le compte de l’émission Quotidien, sur TMC.
Aujourd’hui trentenaire, Abda Sall n’a pas de mots assez tendres pour ses parents. « Je suis le fruit de leur travail. Eux, qui ne savaient ni lire ni écrire à leur arrivée en France, m’ont éduqué et incité à toujours travailler plus. Je suis conscient de leurs sacrifices pour que je vive (de) ma passion ». De l’école primaire de Châlette au lycée en Forêt montargois en passant par le collège Paul-Éluard, l’élève Sall reste studieux. Il prépare une licence en droit de l’urbanisme, avant un emploi à la mairie de Dordives, de 2010 à 2014. Mais le virus de l’info subsiste.
Abda Sall s’inscrit à l’école supérieure de journalisme de Paris. Il pige pour TF1, RMC et BFM. « Avec un pote montargois, on crée, en 2014, le média local oloing.fr. Je propose aussi, à la première chaîne sénégalaise, des portraits de 26 minutes. Ce qui me vaut d’interviewer l’acteur Omar Sy et le regretté président de l’OM, Pape Diouf. »
« Montargis reste mon fief. J’y retrouve mes parents, ma famille, mes amis d’enfance. » Abda Sall aimerait, modestement, que sa propre aventure soit source d’inspiration, de vocation, chez les jeunes issus de la diversité. « Je n’en fais pas une revendication. Je ne suis pas militant. Je poursuis mon p’tit bonhomme de chemin… », ponctue celui que l’on a récemment aperçu dans une série diffusée sur Netflix.
Bref, Abda Sall n’a pas fini d’étonner, de détoner, de dénoter…