Le Sdis du Loiret mise sur l’IA pour lutter contre les feux de forêt
Les Départements du Cher, Loir-et-Cher et Loiret se sont associés pour installer un système de surveillance intelligent des incendies en Sologne. Leurs trois Sdis* travaillent désormais main dans la main grâce à la solution FireGard. Explications.
« Plus on détecte tôt, plus on envoie les secours dimensionnés tôt et mieux on lutte contre un feu naissant. » C’est en partant de ce constat que les Sdis* du Cher, Loir-et-Cher et Loiret ont souhaité s’associer et miser sur le dispositif de détection, de localisation et de suivi des incendies commun : FireGard. « C’est sur quatorze points hauts (treize châteaux d’eau et un pylône) du massif solognot (350 000 hectares) que les caméras haute précision ont été installées. Dans le Loiret, quatre sites ont été retenus : Beaugency ; Dampierre-en-Burly ; Jouy-le-Potier et Sennely. Sur chacun, quatre caméras de détection et deux de levée de doute sont opérationnelles 24 h/24 et 7 j/7 », annonce Marc Gaudet, président du Département et du Sdis 45 lors de la conférence de presse présentant le dispositif.

Comment le dispositif fonctionne-t-il ?
Dès que l’une des caméras détecte une fumée (en moins de 3 minutes) et la géolocalise (à 200 mètres près, jusqu’à une distance de vingt kilomètres), un signal sonore est émis et les images transmises à l’opérateur. Celui-ci s’assure qu’il ne s’agit pas d’une fausse alerte en zoomant. « La décision d’engager rapidement des moyens opérationnels adaptés sur la zone reste à l’appréciation des opérateurs du Centre de traitement de l’alerte (CTA) », déclare Christophe Fuchs, directeur départemental du Sdis 45.
« Grâce à ce système, la gestion du feu est simplifiée : nous gagnons de sept minutes à plusieurs heures avant l’appel d’un témoin au CTA, complète Anne-Sophie Cadre, fondatrice de MidGard qui a mis au point FireGard. Aujourd’hui, le taux de fausses alertes quotidien est de 10 % mais l’IA apprend et s’améliore au fur et à mesure, notamment grâce aux zones d’exclusion, comme des fumées d’usine ou de centrales nucléaires, que les opérateurs identifient… Ce taux devrait tomber à 3 ou 4 %. »
Autre atout : ce dispositif a aussi la capacité de détecter les flammes la nuit.
Plusieurs départements ont déjà adopté FireGard : le Finistère ; la Gironde ; la Dordogne (en cours d’installation), ainsi qu’à Marseille.
Quelques chiffres
« Nous avons choisi d’installer ce système en Sologne car ce territoire s’étend sur les trois départements : Cher, Loir-et-Cher et Loiret. Ainsi, ensemble nous serons plus forts pour lutter contre les incendies qui menacent cette forêt difficilement accessible où vivent un grand nombre de propriétaires privés. Le budget total de ce dispositif est de 2 millions d’euros HT, dont 80 % supporté par l’État et 20 % par les trois Sdis », nous apprend Marc Gaudet.
Un été à haut risque
« Ce dispositif est essentiel. Depuis début juin, les sapeurs-pompiers ont dû lutter contre 98 feux qui ont brûlé 415 hectares. Ils se répartissent ainsi : 63 feux de culture (récolte sur pied ou chaumes) ; 4 feux de forêt et le reste ce sont des feux d’herbe ou de haies. Ça commence très fort. Même si nous avons eu une légère accalmie grâce à deux jours de pluie, il faut plus que jamais rester vigilant ! » certifie Pierre Gamel, directeur des services opérationnels.
Édith Combe
*Service départemental d’incendie et de secours