Loiret : les Hackathons, top départ !
Le premier Hackathon s’est tenu le 27 novembre au collège Ernest-Bildstein à Gien. Il a réuni parents d’élèves, membres de l’équipe éducative et élèves. Retour sur une matinée chargée mais fructueuse.
« Nos enfants passent trop de temps devant les écrans. C’est mauvais pour leur santé. Il faut apprendre à mieux en contrôler l’usage. En participant au premier hackathon, vous participez à quelque chose de fondamental pour notre société toute entière », assure Aude Denizot, conseillère départementale, en ouverture de la séance devant une assemblée de 36 élèves délégués de classes de la 6e à la 3e et d’une dizaine d’adultes (membres de l’équipe éducative et parents).

« L’objectif de cette matinée ? Réfléchir à des outils pour avoir un usage plus raisonné et plus conscient des écrans. Nous allons faire marcher l’intelligence collective pour créer ces kits à destination des jeunes et des familles », complète Marjorie Daoudal, directrice de l’Éducation et de la Jeunesse au Département du Loiret.
Utiliser les écrans… oui mais mieux
« En moyenne, les collégiens présents ont passé 3 h 58 sur leur téléphone la semaine dernière… Et les adultes, 4 h 15, a recensé Thibault Pastureau, formateur au sein du Département, qui anime cette réunion. Cela correspond à 1/6 d’une journée de 24 heures… C’est beaucoup ! »
Lili-Rose, collégienne, confirme qu’elle passe beaucoup de temps sur son téléphone. Elle va sur les réseaux sociaux, appelle ses amies, utilise parfois Chat GPT pour ses devoirs. Mais, à table, en famille, personne ne regarde son téléphone. Et Caroline Alvarez Lucas, accompagnante d'élèves en situation de handicap (AESH), ajoute « qu’en plus du téléphone portable, en matière d’écran, on utilise l’ordinateurs et la télévision. »
Un kit parental
Jean-Philippe Jacob, formateur également, explique « que la santé mentale pâtit d’un excès d’écran. Cela provoque aussi des troubles de l’oralité, de concentration, de surpoids, de vue, d’isolement et donc de dépression. Et cela perturbe le sommeil… et nous savons que le sommeil, c’est la base, avec un mauvais sommeil on fonctionne mal ».
Au tour de l’assemblée de réfléchir aux problématiques…
Quand on regarde son téléphone, on est victime de captologie car « je ne sais pas m’arrêter », « je suis dans mon monde », « quand je joue, je me sens enfermé », « j’échappe à la réalité », « je perds la notion du temps »… D’autres problématiques soulevées impactent considérablement notre humeur : « le cyber harcèlement », « quand je joue aux jeux vidéo, je m’énerve ! », « on ne sait pas toujours à qui on a affaire car il y a de faux profils », « on n’est plus créatif », « les écrans nous manipulent »…
En matière de danger, Thibault pointe le fait que l’esprit critique est mis à mal par les réseaux sociaux. Il alerte sur le fait de rester vigilant par rapport aux biais cognitifs (les préjugés) et de confirmation (nous recevons des informations qui valident ce qu’on pense). Et, « d’ici 6 ans, vous serez majeurs. Et quand on devient majeur, que se passe-t-il ? On a le droit de vote… alors il faut être capable de se protéger des dérives sectaires, de l’intelligence artificielle… »
En matière de solutions, les idées fusent…
« On aimerait passer plus de temps en famille », « on peut jouer à des jeux de société, aller au musée, au restaurant… », « j’aimerais faire plus de sport », « il faut installer un contrôle parental », « sortir, faire des activités dehors », « ne pas regarder le téléphone le soir », « on peut se fixer une limite de temps », « cuisiner en famille »…
À la fin de la séance, l’équipe de la direction de l’Éducation et de la Jeunesse compile toutes les idées. « Nous allons tout synthétiser, étudier et ferons un retour aux proviseurs des quatre collèges qui nous auront accueillis… et nous construirons un kit à destination des familles et des collégiens pour adopter de meilleures pratiques de consommation des écrans. »
Une matinée placée sous le signe de l’échange, du partage avec des participants intéressés et motivés pour réfléchir et trouver des solutions à cette surconsommation des écrans. Un bon début !
Édith Combe
Florence Galzin, vice-présidente en charge de l'Éducation et la Jeunesse, a constaté, grâce à l'enquête réalisée en mars dernier, à laquelle 2 000 collégiens loirétains ont répondu qu'ils utilisaient quotidiennement un téléphone portable (jeux vidéo, discussions, devoirs/culture et réseaux sociaux). 64 % d'entre eux regardent la télévision et 42 % se servent d’un ordinateur. Au total, 47 % des répondants passent entre 2 et 8 heures par jour sur les écrans… un emploi intensif voire excessif. Alors 40 000 euros sont consacrés au plan écran afin de retrouver un usage raisonné de ces outils.