Anne Lauvergeon, une Loirétaine au sommet
Si les débuts ont pour scène les bords du Loiret, à Olivet puis Orléans-la-Source, la suite se joue côté Seine. Agrégation en Sciences physiques à seulement 21 ans, grandes écoles… Anne Lauvergeon semble promise à un bel avenir.
À 31 ans, elle est nommée chargée de mission pour l’économie internationale et le commerce extérieur auprès de François Mitterrand. Entre le président et la jeune femme qui « n’a pas du tout les codes », une relation de confiance réciproque s’établit. Anne Lauvergeon devient secrétaire générale adjointe de la présidence et son sherpa, chargée de préparer les sommets internationaux. « Nous sommes devenus amis. Il m’a donné une formidable leçon sur la France, la politique intérieure. Cette expérience a été, pour moi, une école extraordinaire mais très dure : je travaillais toute la semaine et préparais les sommets le week-end ! Malgré tout, je continuais à aller voir mes parents à Orléans. » Un rituel immuable qui perdure encore aujourd’hui. « Un réflexe loirétain. »
En 1999, Anne Lauvergeon est nommée PDG de la Cogema, future Areva. « Areva se développe vite et bien et devient numéro un mondial. » Elle dirige le groupe pendant 10 ans.
En 2011, la catastrophe de Fukushima signe l’arrêt de l’expansion du nucléaire français. La crise est mondiale. Areva est scindée en deux. « Cela a représenté une perte de compétences colossale. »
Anne Lauvergeon quitte Areva et fonde sa propre société : ALP. « Nous avons investi dans vingt-trois entreprises très variées et les aidons à évoluer. J’ai toujours rêvé d’être entrepreneuse, c’est chose faite. »
Elle figure deux fois dans le classement des cent personnes les plus influentes dans le monde du Time. Elle réagit avec modestie (et humour !) : « C’est surtout ma présence dans le classement des femmes les plus puissantes du monde de Fortune qui a été très efficace pour mon image auprès de mon fils ! »