Christian Mbilli, c’est du Solide
Il ne prend pas de gants. Ni de temps d’ailleurs pour allonger ses adversaires. Christian Mbilli a assené 23 KO avant que le ding de la cloche ne sonne la fin du combat, sur ses 28 victoires professionnelles en boxe anglaise. Les défaites ? Quoi donc ? Il ne connaît pas !
Ses premiers gants, Christian les enfile à quinze ans à l’USM Boxe Montargis où il atterrit quatre ans plus tôt du Cameroun. Ici, au quartier de la Chaussée, la loi du plus fort prévaut. « Quand tu n’as pas de grand-frère, on vient t’embêter, d’autant plus lorsque tu es un gamin en sous-nutrition, confie-t-il. Je suis finalement devenu le plus fort, à ne pas imaginer d’autres perspectives que la boxe. » La vie prend ensuite exemple sur son style de jeu, à 100 à l’heure. En 2013, il devient champion d’Europe junior en poids moyens et, à
vingt ans, en 2015, champion de France amateur. Alors qu’il l’est toujours un an plus tard, l’outsider se classe cinquième des JO de Rio. Il y gagne néanmoins un surnom, Solide, pour ce mot d’encouragement qu’il répétait à ses copains de l’équipe de France.
« En 2017, je pars à Montréal pour me professionnaliser et me renouveler. Préparation physique, boxe et œufs durs me font prendre de la masse musculaire jusqu’à monter en catégorie super-moyens, en 2019, -76,2 kg. » Solide, il le devient davantage. Le rouleau compresseur, à la double nationalité, a depuis renvoyé tous ses adversaires dans les cordes d’arènes bondées. En juillet 2024, l’athlète, sollicité par le Département, a porté la flamme olympique.
Aujourd’hui, Christian est le seul tricolore classé par les quatre fédérations mondiales de boxe anglaise, numéro un WBC* et WBA*, deuxième WBO*, puis troisième IBF*. Reste encore à convaincre le Mexicain champion du monde de la catégorie à se risquer face à lui sur le ring.
* World boxing council, World boxing association, World boxing organization et International boxing federation sont les quatre fédérations internationales de boxe anglaise