Clotaire Poirier, cuisinier cosmopolite
Très tôt, le Dionysien* Clotaire Poirier a su qu’il deviendrait cuisinier. Par gourmandise ? Oui, mais pas que. « Je voulais un travail qui me permette de voyager. Cuisinier s’est vite imposé. » Après avoir étudié au lycée hôtelier de l’Orléanais et à celui de Blois, il part à Dublin.
« En six mois, j’étais bilingue. Je savais que c’était une étape indispensable pour moi. » À vingt ans et avec 3 000 € en poche, il ouvre son premier restaurant en Thaïlande. « Je faisais mon propre fromage de chèvre : j’échangeais du lait contre des madeleines ! », déclare celui qui garde un souvenir ému de sa première madeleine, dégustée à six ans, au château de La Ferté-Saint-Aubin. La suite, ce sera l’Australie, Val Thorens, l’Argentine, « pour apprendre l’espagnol », puis Copenhague, au Kadeau**, « une dernière grosse ligne sur mon CV avant d’ouvrir mon business et la meilleure expérience de ma vie, avec un jardin cueillette fournissant une partie des ingrédients ».
Tous ces voyages forgent sinon son caractère déjà bien trempé mais surtout son expérience. Chaque culture apporte une petite touche particulière à sa cuisine.
Clotaire est repéré par M6 et participe à Top chef 2024. Il en sera finaliste. « L’émission m’a offert beaucoup de visibilité. Ça a représenté un bond de dix ans dans ma carrière. »
Aujourd’hui, le jeune papa pose un peu ses valises. Il ouvrira très prochainement un restaurant de poulet frit revisité à Paris. « Chaque pays a sa manière de le cuisiner. Chez moi, la sauce sera concoctée à partir d’une fermentation de jus de poulet rôti. » Vu le parcours de Clotaire, vous imaginiez bien que son poulet aurait un petit quelque chose en plus !
* habitant de Saint-Denis-de-l’Hôtel
** 2 étoiles et une étoile verte au Guide Michelin