Francis Latreille, son camp de base est à Gien
Après « une scolarité tranquille », le Giennois de 19 ans, armé de son appareil, s’envole pour Israël, couvre la guerre des Six jours et cueille des citrons dans un kibboutz pendant 4 mois. À son retour, il propose ses clichés à un grand quotidien qui les refuse car elles sont jugées obsolètes : « J’ai compris la leçon : les photos, c’est tout de suite qu’il faut les envoyer ! » Mais sa vocation est née : il sera reporter-photographe. Durant vingt ans, il parcourt les « zones de turbulences de la planète » pour France-Soir, devenant grand reporter ; photographie des défilés de mode, le mariage de Lady Di, le sacre de Bokassa… ; possède même un bureau à l’Élysée, sous la présidence de Giscard d’Estaing qu’il suit dans ses déplacements.
Ce curieux fait ensuite une rencontre décisive : Jean-Louis Étienne qu’il accompagne lors de ses expéditions dans
le grand Nord. Il photographie les mammouths prisonniers de la glace depuis 20 000 ans : « Nous avons ouvert un grand livre d’histoire ! » ; travaille avec des scientifiques internationaux ; rencontre le peuple nomade dolgan, en tire un livre. Tout cela l’amène à mesurer les dégâts causés par le dérèglement climatique.
Entre ses récompenses (World-Press Photo à Amsterdam, chevalier de l’Ordre national du Mérite…), son nom dans le Who’s who depuis dix ans, ses livres, ses participations aux festivals photos, ses publications dans les magazines (Géo, Paris-Match, Life, Time, Newsweek, The Herald Tribune…) et ses voyages, ce passionné trouve le temps de peindre, de la peinture naïve, et ce depuis 35 ans. Il a vendu plus de 600 toiles, dont une commandée par Anémone Giscard d’Estaing pour l’anniversaire de son mari. « Parfois, je m’exprime mieux en peinture qu’en photo et vice-versa. » Il a exposé à Paris, New York, Bangkok…
Le photographe, qui a toujours vécu dans le Loiret, réside dans la maison où il est né, à Poilly-lez-Gien : « Un havre de paix ! »