Jean-Claude Kergoat, Aimer les Émaux… de Briare

Kergoat : le nom fleure bon le breton ! Loin de ses bases finistériennes, il n’est pas pour autant incongru de le prononcer en terre loirétaine. D’autant que le patron des Émaux de Briare, et d’une cohorte de faïenceries et cristalleries (groupe Jolies céramiques), porte fièrement ledit patronyme.

Jean-Claude Kergoat trouve même des liens intimes avec le Loiret. « Après que j’ai repris la manufacture briaroise, en 1996, j’ai appris que mon père avait fait son service militaire à l’ERGMEB (aujourd’hui BSMAT) de Gien. J’ai aussi découvert que ma mère, née Jeanne Costes, descendait d’une lignée de seigneurs sullylois et giennois. »

La Loire a constitué, elle aussi, un charmant trait d’union puisque ce passionné travaillait à Nantes quand il propose un plan de reprise des Émaux de Briare. « J’ai été séduit par un savoir-faire inégalé, reconnu dans le monde entier. J’ai changé assez radicalement la politique de la société, oubliant le carrelage au profit de la mosaïque, produit haut de gamme. Virage réussi ! À tel point que la Malaisie, pourtant gros producteur de mosaïque, figurait parmi nos clients. Pour sa résidence privée, le Premier ministre nous passait commande, comme les grandes mosquées du pays. »

Des résultats flatteurs regardés aujourd’hui avec nostalgie. Le Covid, doublé d’une crise de l’énergie au cours de laquelle « les prix ont été multipliés par six », ont bousculé la donne.
« On a perdu notre marché grand export (Asie, Moyen-Orient, USA). Et les Chinois se sont engouffrés dans la brèche. »
Le président du directoire ne nie rien des difficultés du moment : « Je prends des coups de toutes parts. J’encaisse. Reste à voir comment évoluera cette économie chaotique. »
Mais, foi de Loirétain, l’aventure ne s’arrêtera pas après 180 ans d’authenticité et de tradition. Non, la reine de la mosaïque ne restera pas sur le carreau !