Lucas Mazur As du volant

Il aurait pu ne jamais connaître de deuxième set. Le réveil vient à peine de sonner ce matin-là à Saint-Jean-de-Braye qu’un accident vasculaire cérébral frappe Lucas, trois ans. Ni une ni deux, direction l’hôpital pour une intervention en urgence. Il en sortira au bout de longues semaines avec des séquelles et un destin…

« On n’en a jamais su les causes, confie en interview Lucas Mazur. La conséquence, c’est que ma cheville droite s’est mal développée. Je boitille un peu et ressens parfois spasmes et crampes. J’ai appris à devenir gaucher et à changer de jambe d’appui. » Hors service pour le sport ? Impossible avec la passion héritée d’une grand-mère basketteuse en deuxième division à Orléans, d’une mère en D1 et d’un père membre de l’équipe de France de tennis de table. « J’étais un fan si bruyant que Yannick Noah m’a prêté sa raquette pour jouer avec Fabrice Santoro lors d’un match de gala à Orléans. »

En 2005, la famille emménage à Toulouse. Le Lucas de 8 ans s’imagine footballeur – finalement ultra du TFC* -, puis rugbyman avant de découvrir le badminton avec ses camarades valides au collège. « C’est devenu mon échappatoire aux moqueries. On ne me parlait plus de handicap, mais de points et de progression. » Elle n’a pas tardé… À 16 ans, il devient champion d’Europe de para-badminton en Espagne, puis ramène six médailles d’or des éditions de 2016 et 2018 en double. Entre-temps, grâce à son smash, le Joueur handisport de l’année 2016, qui culmine à 1 mètre 92, devient champion du monde en 2017, 2019 et 2022. Coup de filet encore aux JOP, Lucas restera à jamais le premier champion de para-badminton à Tokyo en 2021 et conserve son titre à Paris en 2024. « Il y avait de l’ambiance, une émotion pour le plus beau jour de ma vie. »

Aujourd’hui, à 27 ans, le cas Lucas poursuit sa route. L’acharné s’entraîne entre Bordeaux et Chambly (Oise) pour infliger des revers aux JO 2028 de Los Angeles.


*supporter du Toulouse Football Club