Nadine Schibille Aux noces du verre et de la lumière

Verre… Lumière. Rime riche ! Elle brille dans la bouche et le regard de la chercheuse Nadine Schibille. Vrai reflet d’une passion chez la scientifique bien connue à l’Institut de recherche sur les archéomatériaux d’Orléans, récompensée par la médaille de bronze du CNRS en 2023.

Avec ce léger accent qui trahit ses origines natales de Stuttgart, la spécialiste de la production de verre médiévale en Méditerranée avoue s’être d’abord intéressée à « la lumière comme élément constitutif de l’art et de l’architecture byzantins ». En se penchant notamment sur « le programme décoratif de l’église Sainte-Sophie de Constantinople, au VIe siècle ».

Puis, tout naturellement, la lumière l’a portée vers… le verre ! Les mosaïques, les vitraux. Rien n’échappe à l’expertise de la directrice de recherche au CNRS qui s’entoure de physiciens, géologues, archéologues, historiens de l’art… Nadine Schibille a ainsi dialogué avec les mosaïques des grandes mosquées de Cordoue et de Damas…

Réputés depuis la Californie jusqu’à la Grande-Bretagne, ses travaux font référence. De 2015 à 2021, Nadine Schibille (désormais moins fidèle à Orléans) a dirigé le projet ERC Consolidator Grant GlassRoutes, retraçant la production et la distribution du verre en tant qu’activité économique ma-jeure dans l’aire méditerranéenne, entre les IVe et XIIe siècles.
« Il est intéressant de constater que le verre primaire, mélange de silice et de fondant, était produit en Égypte et Palestine, au bord de la mer, avant d’être exporté. Puis, ce matériau brut était refondu dans des ateliers secondaires pour devenir tesselles* de mosaïques ou vitraux. » Par ses recherches, la Loirétaine d’adoption éclaire donc sur l’évolution des techniques romaines de production, à l’époque byzantine.

Ou comment faire toute la lumière. En toute transparence…


* morceaux ou éléments d’une composition ornementale