Vue aérienne de champs vers Saint-Denis-de-l'Hôtel

Airbus A400M Atlas : exclusivité de la base aérienne d’Orléans-Bricy

09 avril 2021

Le 18e Airbus A400M Atlas arrive tout juste sur la base loirétaine d’Orléans-Bricy, port d’attache de la flotte complète. Cet avion militaire, fierté d’Airbus et soutien indéfectible des armées françaises, dispose de capacités hors normes.

Airbus A400M Atlas  exclusivité de la base aérienne d’Orléans-Bricy - A400M

Ni un, ni deux, ni trois, mais dix-huit ! Un Airbus A400M Atlas de plus cohabite maintenant, et depuis le 2 avril, à la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy avec sa fratrie volante. Mais, le cadet se substituerait-il finalement à l’aîné ? « Il s’agit du premier Airbus A400M Atlas que nous recevons natif avec deux mises à jour, précise le porte-parole de la base aérienne loirétaine. À savoir, pour la première, le largage simultané de 116 parachutistes par les deux portes latérales ». Une nette prise d’envergure face aux 30 d’hier, et ce, par une seule voie. « Puis, pour la seconde, le vol automatique à très basse altitude ». Un peu sur le principe d’une Tesla volante, l’Airbus A400M Atlas suivra, à quelques mètres du sol, le relief du terrain lors des vols à vue. De quoi challenger d’éventuels missiles ennemis ou, une fois la capacité étendue à la navigation sans visibilité, faciliter la traversée d’une tempête de sable par exemple. Il s’agit là d’une première mondiale pour un avion de ce type.

 

De ce type ? L’Airbus A400M Atlas vole depuis 2013 dans la catégorie des avions militaires de transport. Ainsi, il achemine par aérotransport ou aérolargage tout le matériel imaginable des armées françaises, excepté les pardonnables chars lourds. Mais, pas de concessions sur les hélicoptères d’assaut NH90 et Tigre ou les véhicules blindés pour la soute de l’A400M Atlas conçue, taille et masse, pour leur accueil. Justement, pour séparer ses 141 tonnes à plein des pistes même sommaires, le fleuron militaire d’Airbus s’arme de quatre turbopropulseurs à hélices de 10 690 chevaux chacun. Le tout sur 6 400 km maximum selon la charge à une vitesse fleurtant les 900 km/h.

44 000
chevaux
pour 141 tonnes à plein

L’Airbus A400M Atlas contre la Covid-19

Outre le transport de fret, de vivre ou de carburant, lui à venir, pour le ravitaillement en vol, l’Airbus A400M Atlas pense au vivant. À ajouter aux militaires - et même Tom Cruise dans le Mission impossible de 2015 -, l’avion militaire assure des missions sanitaires. Une équipe médicale de 25 personnes avec 66 civières embarque si besoin et le kit Morphée s’y monte même. Lui, transforme l’Airbus A400M Atlas en un véritable hôpital volant de part ses modules de réanimation pour l’évacuation de douze blessés graves. Il offre une qualité de soins comparable à celle d’un service de soins intensifs, déjà observée en mai 2020 lors du transfert en urgence vitale d’un nourrisson de la Polynésie française à la Nouvelle-Zélande. Puis, toujours dans l’opération Résilience de lutte contre la Covid-19, l’Airbus A400M Atlas transfère régulièrement des patients entre hôpitaux. D’Avignon à Brest en octobre 2020, de Lyon à Nantes ou Paris en novembre… Enfin, l’avion-cargo des armées françaises s’illustre comme un système de combat interopérable grâce à ses moult moyens de communication le connectant aux autres avions du champ de bataille, dont les descendants du Rafale.

Airbus A400M Atlas exclusivité de la base aérienne d’Orléans-Bricy - hélices

« Ces 18 Airbus A400M Atlas français, puis 25 à l’horizon 2025, possèdent et possèderont tous la base aérienne 123 d’Orléans-Bricy comme port d’attache, informe toujours son porte-parole. Pourquoi ? Depuis sa fondation dans les années 30, elle se spécialise historiquement dans le transport militaire de troupes et de matériel à destination de théâtres d’opérations variés ». Notamment en Indochine et Algérie hier, puis plutôt au Sahel (Afrique) ou au Moyen-Orient aujourd’hui contre les djihadistes. Des Airbus A400M décollent donc du Loiret une à deux fois par semaine direction le monde entier. Une armée toute entière, soit 2 500 personnes dont quelques centaines de civils, se mobilise alors pour amener les missions à leur terme. « Nous avons des pilotes, des contrôleurs aériens et d’identité, des mécaniciens pour la maintenance, des préparateurs de colis et de carburant, des hôtesses, des pompiers, des formateurs… Puis, hormis les domaines du transport et du renseignement/guerre électronique, le pôle Commando de la base regroupe de 300 à 600 parachutistes pour des entraînements sur place en réel ou sur simulateur ».

Sébastien Meurs

Airbus A400M Atlas exclusivité de la base aérienne d’Orléans-Bricy - ailes
Airbus A400M Atlas exclusivité de la base aérienne d’Orléans-Bricy - atterrissage
Airbus A400M Atlas exclusivité de la base aérienne d’Orléans-Bricy - pompiers
Airbus A400M Atlas  exclusivité de la base aérienne d’Orléans-Bricy - cockpit