Vua aérienne de la basilique de Cléry-Saint-André

Carrière d'un champion cycliste loirétain : Florian Rousseau

31 mai 2021

Tout jeune déjà, il sillonnait les routes loirétaines à vélo. Dix titres mondiaux et trois sacres olympiques* plus tard, il met son expérience du sport de haut niveau à disposition d'une autre discipline : l’athlétisme. Quelle est sa vision du cyclisme et, plus globalement, du sport ? Quels souvenirs garde-il de sa fabuleuse carrière ? Florian Rousseau a répondu à nos questions.

Florian Rousseau, ancien champion cycliste loirétain

« Le vélo m'a permis, dès le plus jeune âge, d'élargir mon champ d'action par rapport à la marche, en agrandissant mon périmètre de déplacement. Je pouvais ainsi aller voir les copains dans des villages situés à cinq-six kilomètres. Et ça nous permettait aussi de partager de bons moments ensemble. »

Aujourd'hui, rien n'a changé, si ce n'est l'enjeu de ces balades. « Maintenant, c'est un moyen pour moi d'aller découvrir de nouvelles régions tout en faisant du sport et en y mettant toujours un peu d'intensité. Ça reste MON sport et j'aime toujours autant le pratiquer même si j'en ai moins fréquemment l'occasion. Ça me manque d'ailleurs de ne pas pouvoir en faire plus. C'est un véritable moment de partage. À vélo, on peut rouler en groupe et discuter. C'est ce qui me plaît dans cette activité. Ces moments de partage et de convivialité. »

Un circuit lui rappelle particulièrement son enfance. « J'habitais Patay, en Beauce, là où il y a de grandes routes droites pas forcément très agréables à parcourir. Alors, je suivais la vallée de la Conie. J'aimais suivre cette petite rivière. C'est le circuit que je referai si je revenais là-bas. »

Sportif de haut niveau un jour, sportif de haut niveau toujours !

Aujourd'hui directeur de la haute performance à la Fédération française d'athlétisme, Florian Rousseau fait profiter les athlètes français de son expérience sans pouvoir vraiment s'éloigner d'une pratique intensive. « J'ai toujours évolué dans le sport de haut niveau. Le sport, c'est une passion pour moi. Et ça reste un besoin. Le besoin de sentir mon corps. Ça participe à mon équilibre physique et mental. J'ai besoin d'en faire beaucoup, entre 8 à 12 heures par semaine. C'est le rythme grâce auquel je me sens bien, grâce auquel je rebooste mon énergie. » Un rythme qu'il a dû maintenir pendant ses années de pratique sportive de haut niveau et qui lui a permis de décrocher un tel palmarès : champion du monde ; champion olympique*... « J'ai eu la satisfaction énorme de gagner des courses importantes. J'ai eu cette chance et mes résultats m'ont permis d'avoir la vie que j'ai aujourd'hui. J'ai été nourri par tout ça. On ne s'en lasse pas. Et on s'habitue jamais. Une victoire, c'est de l'émotion à l'état pur, une joie très intense. On parle de "l'ivresse de la victoire" mais c'est tout à fait ça. On est porté par un flot d'émotions, par un sentiment de toute puissance. »

De part son poste à la Fédération française d'athlétisme, Florian Rousseau est extrêmement concerné par la tenue (ou non) des Jeux olympiques de Tokyo, du 23 juillet au 8 août prochain. « Je suis avec beaucoup d'attention les résultats des athlètes français. Je souhaite un maximum de médailles à la délégation française. Elle est composée d'athlètes qui en ont le potentiel. Qu'ils s'accomplissent, qu'ils atteignent leur rêve de médailles ! Je souhaite également, pour tous les sportifs, que les JO de Tokyo aient lieu. C'est un moment de fête, de partage, de transversalité. Les JO sont un accélérateur, surtout pour les disciplines un peu moins médiatisées. Les médailles olympiques ont un goût particulier parce que les jeux sont plus rares et plus difficiles. Un cycle de quatre ans, c'est long, il y a plus d'envie, une pression supplémentaire si vous êtes favori, les nations qui ont moins de moyen mettent particulièrement "le paquet" sur les JO et moins sur d'autres compétitions. Tous les athlètes arrivent donc très très bien préparés aux jeux, les écarts sont réduits. Pour certains, l'événement les sublime, ils y réalisent la performance de leur vie ! » Un peu comme ce que Florian a fait à Sydney en 2000. Alors, quand on lui demande quelle est la victoire dont il est la plus fière, il répond : « Même s'il est difficile de n'en choisir qu'une, je dirais les JO de Sydney. J'y ai décroché trois médailles : deux en or et une en argent. C'est quand-même assez fou. Les championnats du monde à Bordeaux étaient aussi extrêmement forts : décrocher un titre mondial dans mon pays, devant ma famille et mes amis... »

Mélanie Potau

* Atlanta (1996, kilomètre), Sydney (2000, vitesse par équipes et keirin)