Vue aérienne de Yèvres-le-Châtel

Chamerolles fait son numéro

20 décembre 2019

Le château de Chamerolles a acquis, le 2 décembre, auprès d’un particulier collectionneur très attaché au château, quatre flacons de parfums pour compléter sa collection.

Acquisition château de Chamerolles - Flacons

« Chamerolles est le château des parfums grâce à sa collection exposée de cinq cents pièces et de six mille en réserve que nous nous efforcerons d’inventorier », explique Manon Deparpe, chargée des Collections et des Dépôts des châteaux de Sully-sur-Loire et de Chamerolles. Aujourd’hui, elle est plus riche de quatre flacons anciens, acquis pour la somme de huit cents euros, prix raisonnable au regard de leur valeur. C’est la première acquisition sous forme d’achat depuis 2011. Ces dernières années, le château recevait des dons.

Ces flacons, représentant des jalons de l’histoire de la parfumerie, permettront de faire un focus sur Chanel en complétant ou remplaçant certaines pièces de la collection. « On reconnaît l’ancienneté d’un flacon de N° 5 à l’épaisseur de son bouchon : plus il est plat, plus il est ancien. Ce sont des flacons très simples et cependant très précieux », explique Manon Deparpe.

Flacon 1 : N° 5 de Chanel de 1924, avec son jus, scellé et baudruché. Le flacon provient des Verreries Brosse.

Le célèbre nez Ernest Beaux propose, d’après la légende, plusieurs échantillons à Gabrielle Chanel, numérotés de 1 à 5 et de 20 à 24. Elle choisit le cinquième et l’intitule très sobrement N° 5. Ce parfum, emblématique de la maison Chanel, est une révolution en 1921 : il utilise des ingrédients synthétiques, et notamment des aldéhydes en grande quantité, connus pour apporter, en plus de leur propre odeur, un formidable pouvoir de diffusion aux parfums. Le flacon est tout aussi révolutionnaire que son contenu, avec ses lignes sobres et anguleuses. Il connaît plusieurs versions au fil des décennies : celle de 1921 est produite jusqu’en 1930 et se distingue par un bouchon plat. Les exemplaires de cette première série sont donc rares.

Flacon 2 : Jicky de Guerlain, probablement fin XIXe-début XXe. Sans son jus.

Avant N° 5, le premier parfum moderne était Jicky, de Guerlain. Créé en 1889 par Aimé Guerlain, c’est le tout premier ayant recours à des produits de synthèse, aux notes légères et florales, judicieusement associés à des fragrances animales telles que civette, ambre gris, musc et castoréum.

Flacon 3 : Bois des Îles de Chanel, de 1930, avec une grande partie de son jus. Provient des Verreries Brosse.

Bois des Îles est un parfum sensuel et épicé. Coco Chanel s’inspire du cabaret le Bœuf sur le toit qui ouvre à Paris en 1922 : on y danse le charleston dans une ambiance enfumée et exotique. Comme N° 5, c’est une création d’Ernest Beaux.

Flacon 4 : Cuir de Russie de Chanel, de 1928. Sans son jus.

Cuir de Russie s’inspire du style byzantin, avec des fragrances lourdes et charnelles évoquant le bois fumé. Cela se ressent aussi dans les créations vestimentaires de Chanel dans les années 1920.

Cette acquisition est un bon prétexte pour visiter ou revisiter l'exposition !

Manon Deparpe et Édith Combe

Acquisition 4 flacons château de Chamerolles - orgue à parfums
L'orgue à parfums du château de Chamerolles

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