Vue panoramique du château de Gien avec la Loire

Le dessous des œuvres

29 novembre 2018

Les œuvres sont les traces du passé, mais le passé laisse sur elles ses traces. Afin de conserver au mieux les vestiges de l’histoire et de la culture d’antan, chargés de collections, conservateurs et régisseurs d’œuvres d’art travaillent de concert sur les différents sites départementaux.

La restauration est un processus essentiel à la vie des œuvres et une des missions des agents du patrimoine. Chaque année, dans les châteaux et musées du département, de nombreuses œuvres sont traitées afin d’assurer leur conservation et leur accessibilité. La priorité est donnée aux œuvres ayant un intérêt historique, local, esthétique et dites « en souffrance », c’est-à-dire fragilisées. Après signalement, les œuvres sont confiées à des restaurateurs qui leur redonnent une seconde vie. Entrons dans les coulisses de la restauration…

Amélie Benchallal

Double restauration du portrait du Duc de Sully

L’an passé, le château de Sully s’attelait à la restauration d’une œuvre emblématique : le portrait du Duc de Sully en armure.

Un portrait

Maximilien de Béthune est le plus fameux occupant du château et toute œuvre le concernant est choyée par les agents du château. Cette restauration était double, car elle concerne à la fois la reprise de la toile et la réparation du cadre : deux restaurateurs sont donc intervenus séparément.

Une oeuvre en souffrance

Le tableau était fragilisé par une importante déchirure au niveau de l’épaule gauche du Duc, certains enfoncements dans la toile étaient visibles et des raccords au niveau du cadre étaient à prévoir, comme le remarquait le restaurateur.

Sa restauration

La retouche du tableau se fera en plusieurs étapes : tout d’abord, nettoyage et dépoussiérage adaptés, puis le vernis sera allégé afin de pouvoir travailler la déchirure avec du mastic, retouche de peinture et fixation de la couche picturale. Concernant le cadre, nettoyage, dégagement de tâches, reprises des défauts et pose de dorures. L’œuvre va bientôt être raccrochée dans le parcours de visite du château de Sully-sur-Loire.

Tableau portrait du Duc de Sully
Portrait du Duc de Sully avant sa restauration

Le pomander, symbole de la renaissance

Au château de Chamerolles, musée du parfum, la restauration s’est axée sur le fameux pomander qui sera la pièce maitresse de la prochaine exposition qui célèbrera les 500 ans de la Renaissance.

Un pomander ?

Contraction des mots « pomme » et « « odeur », le pomander est un objet de joaillerie précieux et représentatif de l’importance des parfums au 16e siècle. Ciselé en or, argent ou vermeil, il se portait généralement autour du cou et servait à diffuser des odeurs d'ambre gris, de civette ou de musc. On lui prêtait aussi des vertus magiques. Décoré finement, il est composé d’un mécanisme complexe.

Une oeuvre en souffrance

Sa restauration était nécessaire afin de pouvoir l’apprécier au mieux. L’œuvre souffrait d’un encrassement important et de marques d’oxydation. La charnière qui permet de déposer les senteurs à l’intérieur de sa sphère était endommagée et les ornements de l’objet étaient peu visibles.

Sa restauration

Au programme pour les restaurateurs, démontage, nettoyage, lustrage et remise en fonction du pomander. Un bel objet à découvrir dans la prochaine exposition du château.

Pendentif en métal avec un mécanisme en quatiers d'orange
Pomander renaissance

Le cartel en corne teintée verte

Le châteaux-musée de Gien, disposant de l’appellation de Musée de France, procède différemment en matière de restauration. Aidé financièrement par l’Etat et par le Département, il doit en contrepartie assurer la conservation et la valorisation de ses œuvres sous certaines conditions déterminées par l’Etat. Au total, le Département investi 30 000 euros par an dans cette activité. Cela sert notamment à redonner vie à des œuvres tels que le cartel vert récemment restauré.

Un cartel ?

C’est le nom donné aux horloges d’appliques du 17e et 18e siècle. La particularité de ce dernier est son encadrement en bois de placage recouvert d’une corne teintée verte et ses décors représentant une scène de chasse. C’est un cartel dit « à cul-de-lampe », c’est-à-dire composé d’une forme pointue qui finit le bas de l’objet.

Sa restauration

Le travail de restauration s’est focalisé sur la réparation et le dépoussiérage de la caisse de l’horloge endommagée, le nettoyage des pièces en métal encrassées et des retouches de la corne.

Cartel en corne teintée verte après restauration
Cartel en corne teintée verte après restauration