Vue aérienne de champs vers Saint-Denis-de-l'Hôtel

Les champions loirétains, dieux de l’Olympe à Tokyo !

10 septembre 2021
Les champions loirétains, dieux de l’Olympe à Tokyo ! Médailles or, argent et bronze

Le 24 mars 2020, la décision tombe : les Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo 2020 sont reportés. Ils se sont tenus du 23 juillet au 8 août au 5 septembre 2021. Des champions loirétains y ont participé, sont revenus couverts d’or, d’argent et de bronze et nous ont fait vibrer !

Une lanceuse de poids

Les champions loirétains, dieux de l’Olympe à Tokyo ! Gloria Agblemagnon

« J’ai été qualifiée pour les JO de Tokyo, lors des championnats du monde, en 2019. J’avais terminé troisième. Il fallait être dans les quatre premières. Je ressens une grande fierté et je me dis que j’ai accompli une grande mission pour mon pays. Mon objectif, c’est la médaille d’or à Tokyo ! », déclarait Gloria Agblemagnon avant les Jeux !
Qui est Gloria ? La championne est une jeune femme de 23 ans. Son club est à Saran. Elle a commencé le sport par du cross, du sprint et du saut. Puis, elle a testé les différents lancers : javelot ; marteau ; disque et poids. À 16 ans, la musculation, c’est deux fois par semaine. Elle intègre le pôle sport adapté. Son palmarès est impressionnant : plusieurs fois championne du monde, d’Europe et de France.
L’athlète fait déjà partie des meilleures lanceuses mondiales. Ses premiers Jeux Paralympiques étaient à Rio. Ils lui ont permis d’emmagasiner un maximum d’expérience pour ceux de Tokyo, son prochain objectif.
 

Les entraînements, c’est bien, mais il y a rien de mieux que la compétition.

La licenciée de Saran a terminé 8e du concours avec un jet à 12 m 62.

Plus vif qu’un poisson

Rémy Boullé a toujours été sportif. Il est dans l’armée, lorsqu’à vingt-six ans un accident le rend paraplégique. Pour se reconstruire et envisager l’avenir, il continue à faire du sport. « De douze à dix-sept ans, j’ai pratiqué le kayak et j’aimais bien ça ! J’ai décidé de s’y remettre. » Il s’entraîne au club d’Orléans au para-canoë. Son but : les Jeux paralympiques de Rio. Il intègre, la même année, le bataillon des champions de Joinville, école de sport militaire de haut niveau.

Les champions loirétains, dieux de l’Olympe à Tokyo ! Rémy Boullé

À trente-trois ans, le champion est « le seul Français sélectionné à Tokyo en para-canoë
J’ai participé aux Jeux de Rio, en 2016, deux ans après mon accident. Je concoure donc à ceux de Tokyo et je suis quasi-assuré d’être présent à ceux de Paris étant donné le petit nombre de pratiquants français. La raison est simple : les handicapés aiment être autonomes et il faut de l’aide pour transporter et mettre à l’eau le canoë. Par contre, à l’international, la concurrence est rude !
À Tokyo, la finale est le 4 septembre. J’y vois un signe : mon accident est arrivé un 4 septembre ! À moi de forcer le destin ! Ce serait une belle revanche ! Mon objectif ? Un chrono à 47/48 secondes pour un sprint de 200 mètres. Mais tout dépend des conditions climatiques : un vent de face ou de dos et mon temps sera différent ! Je vise l’argent ou le bronze ! 
J’aime le canoë car c’est un sport inclusif : la volonté existe de s’entraîner ensemble, paras et valides, comme lors des stages avec l’équipe de France où on pratique en rivière. Autre lieu, autre type d’exercice : à Orléans. Le matin, c’est préparation physique en salle : musculations des bras et l’après-midi, vélo : une quarantaine de kilomètres ou sur une machine qui simule le kayak, un ergomètre. En tout : deux séances d’1 h 30 quotidienne.
»
Rémy Boullé peut compter sur la participation financière de sponsors (Partnaire, Orléans, Atelier coaching…) et du Département qui, cette année, aide son club.
 

J’aime le canoë car c’est un sport inclusif : la volonté existe de s’entraîner ensemble, paras et valides.

Son résultat à Tokyo : médaille de bronze avec 200 mètres parcourus en 48,917.

À écouter...

Ces athlètes loirétains, comme les autres, sportifs de haut niveau forcent notre admiration par leur ténacité, travail, performances et sacrifices. Bravo à eux !

Édith Combe

Plus rapides que l’éclair !

Les champions loirétains, dieux de l’Olympe à Tokyo ! Cécilia Berder
Les champions loirétains, dieux de l’Olympe à Tokyo ! Manon Brunet

 

 

 

 

Cécilia Berder s’entraîne 25 heures par semaine. L’escrimeuse apprend fin avril sa sélection aux JO. Elle en a été soulagée après cette période particulière liée à la crise sanitaire : « musculation chez moi ; vélo d’appartement et escrime dans mon couloir ! » Elle vise la médaille d‘or et pour cela reste très concentrée, car « la sélection n’est qu’un début. Il faut trouver de nouvelles idées, feintes et astuces pour être la plus forte et gagner ! Je suis fière d’être là ! Je suis contente, je suis curieuse, j’ai les yeux grand ouverts, révèle la sabreuse arrivée à Tokyo » Cécilia Berder remporte la médaille d’argent par équipe. 

Manon Brunet, autre escrimeuse loirétaine, était également de la fête ! Elle décroche la médaille de bronze en individuel et d’argent par équipe.

Les deux championnes sont issues du pôle espoir du Cercle d’escrime orléanais et du Lycée Charles Péguy d’Orléans.
 

 

Il faut trouver de nouvelles idées, feintes et astuces pour être la plus forte.

Cécilia Berder

Un kimono en argent

Les champions loirétains, dieux de l’Olympe à Tokyo ! Sandrine Aurières-Martinet

Photo prise lors des Jeux paralympiques de Rio.

« Mon objectif pour Tokyo ? Gagner ! » Sandrine Aurières-Martinet est déterminée. Elle cultive une bonne hygiène de vie, le dépassement de soi et alterne les entraînements chez elle et les stages aux deux pôles France (Orléans et Strasbourg). Son autre challenge : faire changer le regard sur le handicap et donner de l’espoir aux enfants handicapés et à leurs parents : on peut être handicapé et performant dans le sport et au travail. 
Grâce à sa renommée internationale, elle est élue porte-drapeau lors d’un vote auquel le public pouvait participer.
Ce public qui admire son palmarès, impressionnant, et sa détermination : blessée à la malléole lors des Jeux paralympiques de Londres en 2012, elle continue le combat malgré la douleur !

« Au sein de la fédération de judo, les entrainements quotidiens se font ensemble, valides et paras : nous échangeons et nous nous encourageons, cela fait avancer les choses et change le regard sur le handicap ! »
La championne organise sa vie pour être présente le plus possible auprès de ses enfants (11 et 7 ans) et de son mari, qui a la chance d’être assez disponible. Une salle de préparation physique, installée chez elle, lui permet de gagner du temps et d’éviter les déplacements. Sandrine est une « pro de l’organisation ! Mon engagement sportif est devenu un projet familial pour lequel chacun fournit des efforts et de l’énergie. » 
Tokyo est la cinquième participation de Sandrine à des jeux paralympiques. Alors, lorsqu’on la questionne sur sa participation à Paris 2024, elle répond que « oui, j’y jouerai un rôle mais je ne sais pas encore lequel. Il faut savoir s’arrêter. J’ai plein de projets en tête, de nouveaux objectifs et de nouvelles motivations, comme faire changer les mentalités sur le handicap, faire évoluer les salaires des athlètes. C’est très compliqué d’être sportif de haut niveau sur le plan financier. Il faut souvent travailler en parallèle (NDLR : Sandrine est kinésithérapeute également) et/ou trouver de bons sponsors. Ce n’est pas simple, dans ces conditions d’être serein. » 

Son autre challenge : faire changer le regard sur le handicap et donner de l’espoir

Sandrine Aurières-Martinet a remporté l’argent à Tokyo.