Vue aérienne de la Loire et de ses méandres

Montargis, le nez en l’air !

31 octobre 2019

Pour dix euros, vous saurez tout sur Montargis. Le nez en l’air, ouvrage collectif de vingt-six artistes, membres de l’association Les amis des quatre saisons, édité aux éditions de l’écluse, est un retour sur leurs flâneries au fil des rues et des cours d’eau de la ville.

Extrait carnet de croquis le nez en l'air 1couverture

Tous les mardis et vendredis matins, les salles du cours de dessin ressemblent à une fourmilière. Une majorité de femmes et un homme. Les pièces sont bondées. Dessins, peintures, aquarelles s’étalent sur les toiles cirées. Pinceaux, palettes se chevauchent. « L’ambiance est sérieuse mais bienveillante et on rigole ! »

Une telle peint debout, un groupe a pris d’assaut la table centrale, ailleurs un café coule et une élève en propose à tout le monde. Là, Svet Tatchev, professeur depuis six ans, se saisit d’un pinceau et explique à une participante comment peindre le fond. Ici encore, il pose la peinture d’une autre élève contre un mur à côté de l’illustration qui lui sert de modèle : « Tu vois, le cadre est plus clair, c’est cette partie qu’il faut retravailler ! » Chacune s’entraide.

 

Les cours de dessin

Carnet de croquis Montargis - Le nez en l'air - 8 - cours de dessin
Carnet de croquis Montargis - Le nez en l'air - 7 - cours de dessin
Carnet de croquis Montargis - Le nez en l'air - 6 - cours de dessin
Carnet de croquis Montargis - Le nez en l'air - 5 - cours de dessin
Carnet de croquis Montargis - Le nez en l'air - 3- cours de dessin
Carnet de croquis Montargis - Le nez en l'air - 2- cours de dessin
Carnet de croquis Montargis - Le nez en l'air - 1- cours de dessin

« J’aime beaucoup ce groupe, avoue le professeur, à l’origine du projet. Tout le monde veut avancer. Tout le monde travaille dur. Alors, j’ai eu l’idée de cet ouvrage. Nous sommes allés dehors pour croquer les lieux ou les photographier pour les dessins plus techniques. Ça a été un travail commun. Chaque déplacement s’est fait en binôme. On a suivi l’inspiration du moment : la gare de Montargis a été peinte sur un billet de train ! Ailleurs, c’est sur du papier journal qu’a été croquée la rue, tandis que la gondole symbolisant la Venise du Gâtinais, surnom de Montargis, est peinte sur du kraft. La maison des chats, quant à elle, resplendit sur du carton. »

Chacun sa patte, chacun son style, sa technique.

« Chacun vient avec son caractère, sa force pour faire sortir le meilleur ! Et le carnet de croquis est le reflet de toutes les possibilités. » Le nez en l’air a été tiré à cinq cents exemplaires, presque tous déjà vendus, en attente de réimpression pour 2020.

Ce travail a été l’occasion de recherches, d’explorations : comme à l’église Sainte-Madeleine. L’autorisation d’y faire voler un drone a été obtenue, permettant ainsi de photographier des angles jusqu’alors inatteignables. Une professeure de littérature, Renée Bauer a écrit les textes ainsi que Jacques Billard qui a aussi effectué des recherches.

La gare de Montargis peinte sur un billet de train

Extrait carnet de croquis le nez en l'air  2 gare Montargis

Confiance et enrichissement

« Depuis la parution du Nez en l’air, chacun a gagné en confiance en soi, se réjouit Svet Tatchev. C’était d’ailleurs l’un des buts du projet. L’autre était d’obtenir un peu d’argent pour acheter du matériel pour l’association Les amis des quatre saisons. »

Les participants ont appris à lever les yeux dans Montargis, et ailleurs. Ils se sont enrichis d’une culture du patrimoine riche d’anecdotes et ont pris l’habitude de regarder leur ville de façon un peu décalé. « L’épi de faîtage en forme de griffon n’existe que sur une seule demeure de Montargis. Il est extrêmement rare car en céramique, habituellement ils sont en zinc », rapporte une peintre.

« Grâce à ce travail, qui a duré un an et demi, les élèves ont appris beaucoup et se sont fait plaisir. Cet ouvrage est aussi une grosse réussite dans l’apprentissage des différentes techniques. Les élèves ont élargi leur horizon. Par exemple, Janine, quatre-vingt-douze ans, n’hésite pas à sortir de ses habitudes, passant de la peinture au dessin et revenant plus forte à la peinture », constate, ravi, leur enseignant.

Et quoi de mieux, après avoir acheté le livre, que de se balader Le nez en l'air en suivant les illustrations des artistes l

 

Édith Combe

Le seul griffon en céramique de Montargis