Vua aérienne de la basilique de Cléry-Saint-André

Pénurie de cerises cet été dans le Loiret ?

10 avril 2021
Bougies dans les vergers loirétains en avril 2021

- 7°C relevés mardi matin sur les thermomètres plantés dans le sol de l'exploitation arboricole de Thierry Lanson, à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin. Un gel qui a perduré les nuits suivantes. Une vraie menace pour les bourgeons des pommiers, poiriers et cerisiers. Pas question pour autant pour les exploitants agricoles de s'avouer vaincus sans combattre. Et pour cela, ils disposent de trois armes : l'aspersion ; les bougies ; le brûleur à gaz.

Bourgeons gelés dans les vergers loirétains, en avril 2021

Beaucoup de dégâts dans les cerisaies

« On arrose les frondaisons de nos arbres dès qu'il fait 0°C. Le processus de transformation de l'eau en glace autour du bourgeon libère des calories qui suffisent à le réchauffer et, donc, à l'empêcher de geler. » La solution privilégiée par l'agriculteur qui l'utilise sur 64 de ses 68 hectares de vergers. Pour les 4 hectares restants, il réchauffe l'atmosphère en disposant environ 700 bougies aux pieds des arbres ou en utilisant un brûleur à gaz, un canon qui tourne sur lui-même et propulse de l'air chaud jusqu'à 50 mètres autour de lui. Une démarche qui, mardi, n'a pas donné les résultats escomptés. « Il y a beaucoup de dégâts. Surtout sur les cerisiers, même si certaines espèces ont un peu mieux résisté. Dans certaines exploitations, ce sont 100 % des bourgeons qui ont gelé. »

« Ça n'est pas une science exacte, explique Thierry Lanson. Il peut commencer à geler pendant la nuit, des nuages apparaissent et la température remonte. On reste aux aguets. » C'est dire si l'arboriculteur ne dort pas beaucoup en ce moment... Il arpente plutôt les allées de ses vergers, le nez en l'air ou carrément au sol, à fixer l'inexorable descente du thermomètre...

Mélanie Potau

Pas de cerises et pas de vin non plus ?

Hubert Piel, lui, n’a même pas sorti son matériel de lutte contre le froid : « il a fait trop froid, se désespère le viticulteur. Nous n’avions aucun moyen de lutte efficace au vu des températures. Nous étions sous le coup d’une gelée noire. Il a pu geler pendant plus de huit heures consécutives et, ce, pendant plusieurs jours d’affilée ! » C’est dire si le moral de l’exploitant n’est pas bon… « Je ne suis même pas encore allé constater les dégâts dans les vignes. Mais ma femme s’y est rendue. Le Chardonnay est le cépage le plus touché. On estime les pertes à 90 % voire 100 % selon les parcelles. »

Désormais, l’espoir d’Hubert repose sur les contre-bourgeons. « Ce sont des bourgeons supplémentaires qui se développent quand le premier bourgeon a été détruit mais, dans le cas du Chardonnay, il n’y a, en général, pas beaucoup de raisins dessus. » Le viticulteur compte aussi sur des (premiers) bourgeons qui ne seraient pas encore sortis. Mince espoir…

« Il a gelé comme en 1991. Avec des températures de - 3°C, avec des bougies, des éoliennes mobiles [qui brassent l’air froid plaqué au sol avec l’air plus chaud en altitude, NDLR], on s’en sort. Avec des températures qui atteignent – 7°C, c’est impossible. » D’autant que ces stratégies de lutte ont un coût : « les bougies coûtent 4000 € par hectare et par nuit. C’est énorme ! »

« La récolte 2021 ne sera donc pas normale » mais Hubert tient à le préciser : « les vignerons auront du vin à vendre. Dites-le à vos lecteurs. La production 2019-2020 est en cave. Rien que sur la journée d’hier, j’ai embouteillé plus de 26 000 litres de vin ! »


 

Soutenons les agriculteurs locaux et mangeons Loiret !

Logo Mangeons Loiret