Vue aérienne de Puiseaux

Sensibiliser et lutter contre les violences faites aux femmes : le Loiret se mobilise

02 novembre 2021

En 2021, les violences intrafamiliales restent un fléau national : depuis janvier, quatre-vingt-dix-sept femmes en sont mortes. On note aussi une recrudescence des signalements de la part des victimes, des proches et du voisinage. Dans le Loiret, lorsqu’on est victime, où se renseigner et se faire accompagner ?

Pour que cessent les violences intrafamiliales - dessin femme prisonnière

Toute violence intrafamiliale qui s’exerce sur un être humain est interdite par la loi, qu'elle soit physique (coups, blessures), psychologique (insultes, menaces), sexuelle (viol, même entre conjoints), économique (privation d’argent, dépendance), sociale (interdiction de sortir, d’inviter certaines personnes) ou administrative (confiscation des papiers d’identité). Tous les milieux sociaux, les âges et les deux sexes sont touchés.

Les violences intrafamiliales perdurent : en 2020, on a noté une recrudescence des signalements pour violences conjugales : le collectif #NousToutes note que les appels au 3919 ont augmenté de 400 %, les dépôts de plaintes de 36 % et la plateforme de la police a reçu cinq fois plus de signalements. Les confinements et l’effet cocotte-minute qui en découle en sont les causes principales, mais pas seulement : les victimes ; les proches ; le voisinage ; les associations et les forces de l'ordre se mobilisent plus. De plus, depuis 2018, le Gouvernement Macron a fait de l’égalité hommes femmes grande cause du quinquennat. Il s’engage aussi et lutte contre le fléau des violences sexistes et sexuelles. Enfin, depuis #metoo et #balancetonporc, la parole se libère.

Le cycle de la violence

Le cycle de la violence, c’est :

tension   <   explosion   <    excuse/justification   <    lune de miel

« Plus on avance dans le temps, plus le cycle se répète et se raccourcit, il revient de plus en plus rapidement, explique Hélène Brissaire, assistante sociale au CHRO et ancienne ISCG. On constate aussi que plus le cycle se répète, plus la phase lune de miel se réduit jusqu’à parfois disparaître. À chaque cycle bouclé, les victimes perdent encore plus confiance en elles et en estime d'elles-mêmes. »

À noter : les violences intrafamiliales concernent les femmes mais aussi leurs enfants, victimes collatérales. Ces derniers constituent parfois un levier qui aidera les femmes à quitter leur conjoint maltraitant. 

QUI CONTACTER

Que vous soyez victime, témoin ou auteur, n'hésitez pas à contacter le numéro qui vous concerne :

Le 17, police secours

Le 112 est le numéro d'urgence valable dans toute l'Union européenne

Le 114, par SMS

Le 3919, numéro national pour les femmes victimes de violences et leur entourage (désormais accessible 24 h/24 et 7 j/7)

Le 0 800 05 95 95, Viol femmes infos

Le 119, Enfance en danger

Arrêtons les violences : https://arretonslesviolences.gouv.fr

Pour les hommes battus : https://stop-hommes-battus-france-association.blog4ever.com

Le 01 44 73 01 27 uniquement pour les auteurs de violences intrafamiliales

Vous pouvez découper et afficher ces numéros de téléphone dans tous les lieux qui reçoivent du public

 

STRUCTURES QUI ACCOMPAGNENT

Dans le Loiret, associations, structures et forces de l’ordre travaillent ensemble pour vous aider à sortir du cycle de la violence.

Le Département du Loiret s’investit dans la lutte contre les violences conjugales en recrutant deux Intervenants sociaux en commissariats de police et en unités de gendarmerie (ISCG). Et, les assistantes familiales des Maison du Département sont formées et sensibilisées sur la thématique.

Le LAÉ ou lieu d’accueil et d’écoute - regroupe le CIDFF* et L’Aidaphi -, le Planning familial, l’Aide aux victimes du Loiret…

Ces structures accompagnent les femmes victimes, dans l’urgence ou en les accompagnant  lors d’un parcours judiciaire, dans leur réflexion, leurs démarches juridiques ou psychologiques, les informent sur leurs droits, les aident à retrouver confiance en elle, à prendre conscience de l’emprise exercée sur elle... Cela sans jugement. Depuis plusieurs années, elles coopèrent afin d’être plus efficaces.

« Nous accueillons les victimes dans un cadre bienveillant, sans jugement, nous les écoutons et les accompagnons au long court, tout en les orientant vers des dispositifs d’urgence, si besoin », explique Elsa Marteau, directrice du CIDFF (02 38 77 02 33) qui organise des permanences dans une quinzaine de lieux Loirétains. « L’Aidaphi emploie également deux intervenants sociaux en commissariat et gendarmerie qui cultivent de vrais liens avec les forces de l’ordre, déclare Dominique Laurent. De plus, au LAÉ (02 38 52 10 10), nous donnons des conseils de sécurité basiques aux femmes : comme préparer ses papiers et des vêtements (nous disposons d’un système de bagagerie). »

Au Planning familial (02 38 70 00 20), les femmes viennent pour obtenir une contraception ou réaliser une IVG. « Nous posons la question du consentement, du harcèlement, des violences et aidons à l’identifier car chacun et chacune possèdent son propre curseur. Certains considèrent qu’une gifle et une bousculade ne sont pas des actes violents. Nous rappelons que la violence est aussi psychique. Nous semons de petites graines de réflexion, développons l’esprit critique, combattons les discriminations, promouvons l’égalité et la non-violence », confie Sophie Pourin, coordinatrice pédagogique. Et l’Aide aux victimes du Loiret (02 38 62 31 62 à Orléans et 02 38 26 54 18 à Montargis) accompagne, entre autres, dans les différentes procédures pénales qui « concernent les faits constituant un délit » et la procédure civile qui « concerne la séparation, les droits de visite et l’hébergement des enfants ». L’association guide dans les démarches à effectuer, explique, aide à comprendre le fonctionnement de la justice… Elle peut être contactée via les différents points visio accueil Loiret (MDD, certaines villes…).


À noter, tous les rendez-vous et entretiens dans les associations sont gratuits


*Centres d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF)

LA PRÉFECTURE

Violences faites aux femmes

En chiffres...

Concernant les places d'hébergement d'urgence :

40  en hébergement d'urgence dédiées au femmes victimes de violences. Ce dispositif a doublé en 2020 ;
23 d'intermédiation locative (dispositif entre l'hébergement et le logement) ont été crées sur tout le territoire en 2020 ;
20 autres existent aux résidences de l’Orléanais.


 

À la préfecture, Vanessa Kerampran coordonne les structures associatives et institutionnelles qui travaillent sur les violences intrafamiliales. Elle travaille dans l’ombre mais tout le monde la connaît (associations, forces de l’ordre, CHRO…) et elle connaît tout le monde !

Elle a formé et sensibilisé les assistants sociaux des Maisons du Département afin qu’ils décèlent les violences conjugales. Par exemple, il leur faut questionner quelqu’un qui vient demander le RSA : comment ça se passe à la maison, dans le couple...

La préfecture finance aussi, en partie, les associations qui s’occupent des victimes. Le but ? Mieux détecter et lutter contre les violences. En parallèle, le préfet, le procureur et 43 structures ont signé un protocole qui contient 240 engagements et 8 fiches d’actions communes. Il prévoit aussi des actions collectives, comme l’animation du réseau local, des sensibilisations et formations du public et des professionnels (repérer les situations/orienter/former), la prise en charge des situations et actions de communication. Tous se sont également engagés sur la prévention des violences chez des jeunes, le repérage des violences auprès du public, l’orientation vers les dispositifs de prise en charge des victimes et le suivi des auteurs...

D'autre part, parmi les mesures annoncées par le Premier ministre à l’issue du Grenelle de lutte contre les violences conjugales, figure la mise en place, sur l’ensemble du territoire national, de centres de suivi et de prise en charge des auteurs, d’ici 2022, afin de prévenir la récidive. Ils proposeront une prise en charge globale des auteurs de violences au sein du couple, engagés dans une démarche volontaire ou judiciaire : stages/actions de responsabilisation ; accompagnement thérapeutique et médical en groupe, en individuel ; accompagnement socio-professionnel... Sur le Loiret, ce centre se déploiera prochainement et travaillera avec le Service de contrôle judiciaire et d’enquête (SCJE) qui organise actuellement des stages de responsabilisation à destination des auteurs. Il travaillera aussi avec l'Aidaphi qui gère 4 places d'hébergement à destination de ceux-ci. La communauté de commune de Gien finance, elle, des places d’hôtel pour auteurs.

Par ailleurs, le directeur de Cabinet de la préfecture, les ISCG, le Département du Loiret et d’autres acteurs participent, de façon récurrente, à une cellule dédiée aux violences conjugales. Ils résolvent collectivement des cas concrets lors de situations bloquées.

«  Les victimes doivent savoir qu’elles ont le droit de contacter les associations et collectivités juste pour se renseigner, réfléchir, être prise en chargeCela demande du temps pour casser le cycle de la violence. Les travailleurs sociaux savent qu’il faut parfois jusqu’à sept allers-retours, c’est un schéma classique, pour se décider à partir, porter plainte… », décrit Natacha Kerampran.

SE SOIGNER, FAIRE CONSTATER

Pour que cessent les violences intrafamiliales - hôtel de police

Au CHRO la pluridisciplinarité est de rigueur

« Au CHRO, depuis deux ans surtout, on développe pluridisciplinarité et la vigilance, systématiques dans toutes les unités de l’hôpital où la question des violences intrafamiliales est intégrée à l’interrogatoire médical. Des services spécialisés existent : les urgences (adultes, gynécologiques et pédiatriques) ; la cellule d’urgence médico-psychologique ; le Centre d’accueil pour les femmes victimes d’agressions sexuels (Cavas) ; l’Unité médico-judiciaire (UMJ). À chacun ses spécificités », déclare Christine Liaudois, directrice de soins de l’établissement.

Contacts : 02 38 51 44 44 - Urgences Samu 15

Les services spécialisés

Les urgences

Les urgences pédiatriques, le Cavas (prise en charge via les urgences gynécologiques) et le service d’accueil des urgences adultes. Ils sont ouverts 24 h/24 et s’occupent, entre autres, des victimes de violences intrafamiliales. « La nuit, de 20 heures à huit heures, nous accueillons tout le monde, puisque les autres unités sont fermées. Nous soignons les victimes. Nous sommes désormais obligés de les signaler au procureur si et seulement si elles sont sous emprise et en danger et qu’elles ne portent pas plainte. Pour l’instant, nous ne l’avons fait qu’exceptionnellement. Si elles ne relèvent pas de signalement, nous leur donnons un flyer avec toutes les coordonnées utiles et nous laissons un mot au service social. Il ne faut pas les perdre de vue. Quand elles arrivent, elles sont meurtries, écrasées. Elles n’ont plus aucun respect pour elles-mêmes. Les femmes se réfugient aux urgences, mais nous ne disposons pas de lit réservé spécifiquement. On s’aperçoit que les victimes consultent si elles ne peuvent vraiment pas faire autrement », indique Victoria Carré, urgentiste.

L’Unité d’accueil des jeunes victimes (UAJV)

L'UAJV prend en charge, de façon pluridisciplinaire (pédiatre, infirmière, psychologue, assistante sociale, secrétaire), les enfants et adolescents victimes de maltraitance (psychique, physique et/ou sexuelle). Ils sont adressés par un médecin traitant, la famille ou sur réquisition judiciaire.

La Cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP)

À la CUMP, quatre psychologues assurent des consultations spécialisées dans le syndrome de stress post-traumatique. « Les patients sont souvent orientés par le Samu, le médecin généraliste, les urgences, associations et structures et le CMUP est joignable directement. La prise en soins doit être la plus précoce possible afin de favoriser le bien-être de la personne, ainsi, nous réservons des créneaux aux urgences. Nos thérapies sont pour du court ou moyen terme. Il n’y a pas de profil type, les victimes sont de tout âge (de huit ans aux personnes âgées) et de tous les milieux sociaux. Ce sont surtout des femmes, mais pour les quelques hommes qui viennent en consultation, la démarche est plus compliquée pour eux », confie Blandine Philippe, psychologue.

Le service social

Le service social est mis dans la boucle dès qu’un personnel soignant soupçonne des violences intrafamiliales. Les assistants sociaux rencontrent la victime, la journée, ou la rappelle si elle arrive la nuit et lui donne un flyer regroupant les coordonnées nécessaires pour être accompagnée et passe le relai aux spécialistes. « Nous constatons que les générations les plus âgées sont celles qui cachent le plus les violences qu’elles subissent. Nous manquons souvent de temps pour gagner la confiance d’un.e patient.e et nous risquons de passer à côté des violences. D’autant plus si elles sont invisibles, psychologiques… Il faut être attentif aux signes. Par exemple, une femme hospitalisée qui discute tranquillement avec nous se raidit lorsque son conjoint entre dans la chambre. Ce signal doit nous alerter.

Les femmes victimes de violences intrafamiliales restent avec leur compagnon "tant qu’il ne s’en prend pas aux enfants" disent-elles. Seulement, elles ne se rendent pas compte qu’en s’en prenant à elle, il s’en prend aussi aux enfants, témoins de ces violences qui les effrayent, les traumatisent… La notion d’enfant témoin est récente. D’autre part, certaines femmes restent de peur que l’auteur de maltraitances s’en prenne à leurs enfants s’il reste seul avec eux. Pour éviter cela, des lieux de médiation neutres existent car, pour un enfant, ne pas voir son autre parent est très dur. Ce dernier n’a alors plus peur de perdre ses enfants.

Concernant l’auteur des faits, s’il n’y a pas d’accompagnement et malgré une condamnation, il recommencera avec une nouvelle compagne. Chez certains, dont l’enfance a été marquée par la violence, c’est le seul moyen d’expression. Ils doivent apprendre à extérioriser autrement, en sortant courir ou crier, par exemple.

Lorsque la femme décide de partir, la violence augmente, le harcèlement physique aussi. Il faut que les proches, s’ils sont au courant, arrêtent de se taire et qu’ils portent assistance à la victime en danger », affirme Hélène Brissaire, assistante sociale.

L’unité médico-judiciaire

Elle accueille les victimes à la demande du parquet et des forces de l’ordre. « Nous travaillons sur réquisition judiciaire, pour des victimes déjà inscrites dans un parcours judiciaire. Depuis le confinement, qui exacerbe les tensions et empêche d’échapper au conjoint, elles ont augmenté de 50 %. Notre premier outil, lors des consultations, est une boîte de mouchoirs en papier. L’entretien se déroule ainsi : consultation classique ; mode de vie de la victime (niveau social, scolaire), si elle travaille ou pas, son contexte religieux ; évaluation psychologique… Concernant les violences, on demande depuis quand elles existent, leur évolution, leur mode (physiques, verbales…), on recherche les éléments de dangerosité par rapport au conjoint (comportement, menaces, actes…), quel est le dernier acte qui conduit au dépôt de plainte… et à l’évaluation d’ITT. Tout est noté dans le certificat que l’on délivre afin de mettre en place l’éviction du conjoint et un hébergement d’urgence. Puis, on oriente, si besoin, vers les urgences, la Cellule d’urgence médico-psychologique et le service social. Chaque année, un tiers de nos patients est victime de violences intrafamiliales, soit environ quatre cents personnes », dévoile Pierre Tixeront, médecin responsable de l’unité.


À noter, toutes les consultations concernant les violences intrafamiliales sont gratuites et le personnel soignant est soumis au secret professionnel.


 

PORTER PLAINTE

Pour que cessent les violences intrafamiliales - femme et policier

Appelez le 17 ou rendez-vous au poste de gendarmerie ou de police.

Dans les postes de police et de gendarmerie du Loiret, quatre ISCG accueillent, reçoivent sur rendez-vous, écoutent et orientent les victimes de violences intrafamiliales. « Ils sont très importants car ce sont des spécialistes, affirme Pascal Garérès, colonel de gendarmerie. Nous accueillons les victimes, avec les ISCG et enregistrons leur plainte (ce droit ne peut être refusé ou conditionné à des pièces justificatives) qui sera transmise au procureur de la République. Lorsqu’on nous appelle pour une première intervention dans le cadre de violences intrafamiliales, l’auteur est conduit en garde à vue afin de provoquer une réaction, une prise de conscience, un électrochoc pour qu’il ne récidive pas. Mais, nous nous heurtons souvent à une stratégie de déni de sa part. C’est plus complexe avec celui qui est brutal depuis longtemps car le cycle de violence est installé. Il faut avoir conscience que quelqu’un de violent reste violent. Ce qui peut changer, notamment grâce aux groupes de paroles, c’est sa barrière mentale : l’individu social contrôlera l’individu animal.

Nous travaillons avec les associations et structures loirétaines et nous nous appuyons aussi sur les personnels soignants, comme les kinés qui peuvent constater des marques sur les corps, et sur les citoyens, voisins, amis, familles, collègues pour faire remonter toutes les informations. De plus, ces dernières années, les forces de l’ordre sont de mieux en mieux formées à l’accueil et la prise en charge des victimes de violences intrafamiliales.

Afin de réduire les violences intrafamiliales, la meilleure solution est la prévention. Il faut apprendre aux garçons et aux filles qu’ils sont égaux, que les garçons ne sont pas supérieurs », confie Pascal Garérès qui travaille sur le sujet depuis de nombreuses années.

Les différents acteurs œuvrant dans la lutte contre les violences intrafamiliales organisent des actions qui illustrent les propos de Pascal Garérès sur l’égalité. Ainsi, la Tribune hebdo a écrit un article, jeudi 11 mars, sur La quinzaine de l’égalité organisée dans certains collèges loirétains.

DES OUTILS À DISPOSITION DE LA JUSTICE

« Il y a, désormais, 1 200 téléphones grave danger attribués, en France, où en appuyant sur une touche pré-programmée la victime est mise en relation avec une plateforme d’écoute ouverte 24 h/24, précisait, le 25 novembre 2020, sur France Inter, Isabelle Rome, ex-présidente de cours d’assises qui a piloté le Grenelle des violences conjugales de novembre 2019. Et les stages de responsabilisation pour les conjoints violents sont passés, en trois ans, de 500 à 1 500. »

De plus, le 15 décembre, l’utilisation du bracelet anti-rapprochement, dispositif qui tient éloignés les conjoints et ex-conjoints de leur victime, est généralisée à tous les tribunaux judiciaires métropolitains et ultramarins. Si le porteur du bracelet s’approche trop, il sera contacté par une plateforme de téléassistance. S’il ne répond pas ou ne rebrousse pas chemin, la police sera alertée. Un millier est « disponible et opérationnel pour l’ensemble du territoire », a précisé Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux et ministre de la Justice.

Désormais, le phénomène d’emprise est pris en compte dans la loi. De plus, la politique pénale privilégie l’éviction du conjoint violent (sauf volonté contraire de la victime) inversant les pratiques car jusqu’à maintenant la victime quittait le domicile conjugal.

Afin de protéger, dans l’urgence, la victime, un juge peut prononcer une ordonnance de protection. L’auteur des violences doit alors se plier à :

  • l’interdiction d’entrer en contact avec la victime ;
  • l’interdiction de se rendre dans certains lieux désignés ;
  • l’interdiction de détenir ou de porter une arme ;
  • une prise en charge sanitaire, sociale ou psychologique ;
  • l’interdiction de se rapprocher de la victime à moins d’une certaine distance, assortie de l’obligation de porter un dispositif électronique mobile anti-rapprochement.

« Aujourd’hui, nous avons les cadres et les outils nécessaires. Il faut les diffuser au maximum et surtout ne pas relâcher la pression sur cette question qui cause tant de dégâts au sein des couples, des familles et de notre société toute entière, estime Isabelle Rome. Mais, si des avancées existent, conclut-elle, il ne faut jamais baisser la garde et travailler tous ensemble : médecins ; avocats huissiers de justice ; psychologues ; associations ; assistants sociaux… »

En 2017, dans le Loiret, 1 310 femmes victimes ont été vues par les différents acteurs : associations ; police et gendarmerie ; CHRO ; Département du Loiret…

Tous les professionnels (personnels soignants), forces de l’ordre, travailleurs sociaux ou associatifs ont expliqué accueillir, écouter et accompagner les victimes sans jugement, avec bienveillance et empathie. Appuyez-vous sur eux !

Édith Combe